petite explication : pour moi il n’est possible de se reconnaitre perdu qu’à la condition de ne pouvoir répondre à aucune de ces questions
D’où je viens ?
Où je suis ?
Où je vais ?
Si je peux répondre à l’une d’entre elles, c’est qu’il est toujours possible de retrouver un chemin, donc que l’égarement n’est pas effectif.
Le Plan Subjectif Ambulatoire (PSAm).
D’abord, planifier, c’est trouver une solution pour s’en sortir. Le plan peut avoir fonction d’outil d’évasion d’un labyrinthe.
Méthodologiquement, j’ai dû inventer une codification simple me permettant tout en dessinant de préciser quelles rues j’ai emprunté complètement et quelles rues je n’ai fait qu’apercevoir, afin de pouvoir faire des recoupements fiables. Les ratures noires que l’on voit à droite sont les fruits de cette déconvenue.
Je me promenais, carnet et stylo à la main, dessinant en marchant, j’ai vite été repéré par les habitants de la médina, qui m’ont désigné sous le surnom de GPS, chacun cherchant à m’indiquer le plus court chemin pour ressortir de la médina.
Pour une personne normalement dotée d’un sens de l’orientation, il n’est pas très compliqué de s’évader de cette espace, en conséquence de quoi je ne pouvais pas me sentir pris dans un piège labyrinthique, ni ressentir de sensation d’égarement.
La nécessité de tracer un plan, et donc de savoir avec précision d’où je viens, bien sûr, où je suis, et également, dans un souci de recoupement, où je vais, a pu à plusieurs reprise créer en moi un vertige, une sensation de tournis, qui m’a forcé à cesser de regarder mon plan et de me préoccuper de ma position. En posant mon cahier quelques instant, la sensation passait, et je pouvais reprendre mon ouvrage. _ J’ai appelé cette sensation d’égarement le Vertige Horizontal. Ce qui correspond plus ou moins au fait de se constater perdu. Cette situation ne m’est pratiquement jamais arrivée, j’ai donc été particulièrement intrigué par son surgissement dans ce dispositif. Je postule qu’il est lié à l’impératif de répondre aux trois questions que j’ai cité plus haut, que c’est une sensation exogène (qu’elle est liée exclusivement au dispositif), et qu’elle recoupe psychiquement des réalités existentielles et identitaires plus globales. Je considère que si l’on peut répondre au moins à l’une de ces questions (où je suis, où je vais, d’où je viens), il est toujours possible de trouver une route vers le connu, et qu’en conséquent, on est pas perdu.
Ainsi, de façon totalement contre-intuitive, la création d’un PSA, qui, structurellement impose de répondre aux 3 questions en même temps, peut être un moyen de trouver le Vertige Horizontal, l’Égarement (la sensation). C’est donc un outil à ne pas négliger dans des tests futurs, pour créer empiriquement l’Égarement chez des sujets extérieurs à moi-même.
Le Fil d’Ariane Inversé. Dans le contexte de cet exercice, la marche construit un parcours, d’une façon où l’intérieur détermine le labyrinthe extérieur. Le choix des directions dessine à partir des traces de pas la forme d’un espace de circulations. Et dans un autre sens, la même marche, par ses contraintes, détermine également la forme du labyrinthe intérieur des pensées.











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