réveil à répétition chez samir. tea or coffee / tea / sorry sorry, ooo you slept / fruits / kees / i’ll go to work / avec les R roulés. je pense à emeline et arnaud en inde. plus insistant tu meurs. pire qu’un bonimenteur il me montre en directe tout ce qu’il m’explique en disant you means ? pour m’inviter à faire la cuisine, démonstration. pour allumer un bec de gaz, utiliser un allume-gaz. je serre les dents. il est vraiment gâteux. pareil pour la salle de bain, il serait presque rentré dans la baignoire pour me montrer qu’il faut bien fermer la porte-coulissante avant de se doucher. c’est pire qu’oppressant. partir le plus vite possible.
je me retrouve au centre culturel hébron-france (ne faisant pas parti des centres culturels gouvernementaux) pour rencontrer sandrine, une archéologue énergique et rigolote. ils développent le tourisme alternatif à Hébron. rencontre de mouna, étudiante en deuxième année à l’école de photo d’Arles. je suis invité à manger avec un groupe belge de 50 pèlerins retraités. la visite de la vieille ville d’Hébron fait émerger les souvenirs de l’occupation allemande. me voilà dans la ville la plus "dangereuse" de cisjordanie.

dérive en cage dans la vieille ville. New York arabe. toutes les femmes sont voilées. menthe. appel à la prière en fond de klaxons. les colonies ont pris le contrôle du ciel. humiliations. des rues sont couvertes de grillages de protection ou de bâches accumulant les projectiles lancés par les colons juifs qui habitent au dessus. crasses, ordures, parpaing. des soldats armés sur les toits garantissent la sécurité des odieux habitants des hauteurs, "élus par dieu" pour expulser les arabes. nombre d’échoppes ont leur loquet soudé. cinq colonies et une ville coupée en deux dans l’horizontalité par un réseau de passerelles. le soldat s’allume une cigarette. recharge sa mitraillette. vise les gens. s’ennuie. des chevaux à clochettes tirant une carriole dédramatise la situation. passage d’un tourniquet. c’est shabbat aujourd’hui. les rues de la zone H1 sont désertes.
je prends la visite TIPH au vol car j’ai dîné hier avec le guide en uniforme beige portant un gros blazon rouge "observer" placardé dans le dos. on ne se fait pas la bise dans la rue. je suis avec des gens de l’ambassade suisse de Tel Aviv et des volontaires danois au collier rouge de l’organisation.
qu’est ce que l’espace public en Palestine ? un lieu de discorde et tension, d’humiliation. de représentation et d’exercice du pouvoir. de peur. de résistance. de désespoir. de malaise et de suspicion. la sensation flippante de se faire observer à travers un viseur, le doigt sur la gâchette. l’occupation, absurde et violent. à quel point peut-on être haineux et dégoûté du monde pour vouloir le posséder à ce point. la géographie du traumatisme et l’écriture de l’histoire au jour le jour me plonge dans de sombres pensées.


















