Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

Accueil du site > Promo 2011/2013 > Faiaroscope > Solen Briand > carnet de route > premières pressions à froid

premières pressions à froid

mercredi 23 novembre 2011, par Solen Briand.

Dans les autres villes on appelle ça une impasse, ici je suis officiellement domicilié au boulevard Falcot. Deux voitures ne peuvent pas s’y croiser, la ruelle se termine en cul-de-sac.
Le boulevard Falcot.
Le premier investissement que j’ai fait : des boules Quies.
Cette ville est handicapée par elle-même.
Les gens d’ici sont leur propre membre en moins. Comme si, pour exister, il fallait manquer d’être à la bonne place.
On commence à mettre les warnings quand on est en triple file sur la voie d’en face et qu’on sait qu’on reste garé là pour la matinée.

Marseille c’est comme si il n’y avait qu’une seule place de parking pour ton véhicule, une seule place parfaite, pure, idéale, mais quelque part dans la ville. Et certainement pas à côté de là où tu souhaites aller.
Marseille c’est 1h20 pour me garer, le dimanche soir de mon arrivée.
Marseille c’est une histoire d’amour impossible entre deux familles rivales : les places libres et les véhicules en circulation.

La première chose qu’on te demande, c’est d’où tu viens ?
De la rue à côté.
En France d’habitude, on te demande ce que tu fais pour savoir ce que tu es.
Ici c’est d’où viens-tu ?
Je me plais à décevoir, comme si je voulais injecter un vaccin. Je viens de partout.
Où habites-tu ? Dans la rue là, dans mon camion.
Marseille c’est une ville spaciale, avec un psychisme géographique, où la carte d’identité prend un autre sens.
Moi-même je suis tout de suite contaminé et je fais des rencontres GPS.
Comme Saint Ex a dit, je manque de racines, le vent me promène.

Le mistral infléchit la course de ma ligne de marche, elle se courbe, le vent m’arqueboute.
Elle broute, elle bruite, elle vrombit pendant que je marche sur elle.
Chaque pas la pacifie devant. C’est derrière que ça gronde.
Aujourd’hui rencontre avec le vent.
Il est comme l’eau glacé des torrents.
Impitoyable.
Il est comme le soleil qui se cache, fait vibrer les corps, rentre jusqu’aux os, rend fou.
Le mistral c’est la maison hanté de l’immobilier d’azur, la corde vocale de la région PACA
_

1 Message

  • premières pressions à froid Le 30 janvier à 08:21, par nadège

    merci pour ce texte c’est drole de lire vos impressions après avoir ressenti en quelque sorte un peu les même… et oui Marseille le ville ou tu mets plus de temps en bus qu’a pied…

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0