Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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modeste contribution

Ceci afin d’ouvrir le débat et en attente de réponses.

vendredi 20 novembre 2009, par Mathurin Gasparini.

Convaincu que la discussion écrite sur ce sujet là est plus intéressante que l’orale.

- Je ne connais aucune compagnie qui fonctionne en collectif sur les choix de création. Certaines ont réussi celà, c’est une très belle utopie, mais elle n’ont jamais fait plus d’un spectacle de cette manière là, à ma connaissance.Et c’était il y a longtemps. Très vite une répartition des rôles se dessine. Un metteur en scène, un scénographe, un administrateur, trio inévitable…. Ceci dit, un metteur en scène peut laisser la place qu’il veut à ses comédiens, celà dépends de l’humain, de chacun… On pourrait imaginer (peut-être ?) une compagnie où le metteur en scène changerait à chaque spectacle. Dans le cadre d’un spectacle (ou de n’importe quel autre genre de proposition), si il n’y a pas quelqu’un, une seule personne qui choisit, cela crée des choses invertébrées, sans colonne vertebrale ; Il vaut mieux accepter les choix d’une seule personne que de chercher à imposer ses vues. Un metteur en scène arrive avec une proposition claire. Un regard exterieur travaille sur la proposition du comédien. Quels autres propositions de choix ?

Vite écrit ce soir, j’espère parfois avoir tords. Dites moi…

Il y a surement quelques conneries aussi…

Allez on en discute pour de vrai !

6 Messages de forum

  • le process du consenss Le 20 novembre 2009 à 21:55, par julie

    Merci Mathurin …

    Je me dis qu’il est peut-être possible de travailler en collectif et de produire des choses vertébrées, mais ce n’est à mon humble avis pas le même job et surtout pas le même rapport à la production et à l’efficacité.

    Et aussi pour moi une contre-culture (qui va contre la culture dominante)

    Travailler en collectif c’est quoi d’abord ?

    Je l’entends comme :

    pas de rapport hiérarchique

    prise de décision commune

    recherche de consensus

    réciprocité

    non autorité, évacuation des enjeux de pouvoir, égos size XS
    volonté forte de ne pas se mettre au service d’un seul regard mais d’organiser la diversité des propositions autour de LA volonté commune ?

    dans la réalité je pense que du coup ça necessite un vrai travail de fond et une grosse motivation car je pense que ça ne va pas de soi, comme attitude…Mais ça peut devenir une posture philosophique, politique… (Là je pense à la danse contact…)

    Du coup je me dis que pour que le collectif se structure et invente sa politique, sa poétique ses moyens de communication, de prise de décision…etc il y a du pain sur la planche en amont, avant de produire quoi que ce soit il y a à inventer les conditions pour que créer ensemble soit possible…

    En ce qui concerne la distinction regard exterieur/metteur en scène je suis perplexe…

    Pour moi le regard extérieur intervient en complément de la mise en scène …je me dirais que son job c’est de faire des retours soulever des hics intervenir sur "ça fonctionne ou pas" mais pas de proposer ou d’orienter les choses… Un spectateur "averti" ?

    Le metteur en scène n’arrive pas necessairement avec une proposition claire, il peut se cantonner à agencer les propsitions des interprètes les nourrir un peu, faire couler le café et distribuer l’arnica …
    Cependant c’est vrai on lui demandera d’assumer le truc de savoir en parler d’être clair mais dans le temps qui suit la création.

    En fait je suis convaincue qu’il y a différents degrés de direction. et encore d’autres à inventer. que chaque création a une methodologie et soulève des rapports sociaux différents.?

    Et pour moi le pied c’est quand il y a collaboration entre interprète et auteur, et un regard auquel on accorde la légitimité sur les choix à faire
    (et pas que sur la pièce mais aussi sur ce qu’on en dit, ce qu’on en fait …etc)

    A mon avis ce sont les interprètes qui légitiment le metteur en scène, et pas l’inverse et c’est peut-être un truc assez contemporain…

    • le process du consenss Le 21 novembre 2009 à 12:14, par Mathurin Gasparini

      Salut Julie

      Tout à fait d’accord avec toi sur la dimension politique d’une volonté de travail collectif.
      Les deux groupes avec lesquels j’ai travaillé revendiquait une telle organisation.
      Dans la pratique, si lors des repetitions il n’y en a pas un qui dirige et qui décide en final, rien ne se passe. Il me semble que le fait de poser cela sur la table clairement permet d’éviter des dissensions, des frustrations et des engueulades.
      Celà n’empèche pas que les orientations puissent être discutées mais à un moment donné il faut faire confiance aussi.
      Effectivement, c’est aux acteurs de légitimer le metteur en scène.
      L’organisation des repetitions, les choix artistique, la représentation exterieur de la cie, les choix économiques, de devellopement, etc, peuvent etre discutés en groupe, c’est ce qui légitime le terme de compagnie d’ailleurs mais à un moment donné, il y en a un qui doit s’investir sur chaque poste, que ce soit le même ou non.
      Historiquement, connait tu une compagnie qui ait existé un certain temps sans avoir de leader ?
      Je ’en connais pas….
      Et nous ne sommes pas les premiers à avoir ce genre d’utopies….

      • Encore moi !!! Le 22 novembre 2009 à 10:04, par Mathurin Gasparini

        je continue de reflechir…

        En fait je crois qu’imaginer quelqu’un qui a la possibilité de pousser son raisonnement jusqu’au bout, jusqu’à ses limites, porté par une équipe qui lui fait confiance et qui est force de proposition, ou imaginer de se mettre au service de quelqu’un, est beaucoup plus fort, beaucoup plus utopique et beaucoup plus extreme que d’imaginer une équipe qui cherche ensemble de quoi elle va bien pouvoir parler et comment….
        L’anarchie, c’est des groupes de gens qui décident de faire des choses ensemble et qui se choisissent un leader, révocable et responsable devant le groupe. C’est ce que dit Noam Chomsky par exemple. Il s’agit de notions plus interressantes il me semble que le simple "ni dieu ni maitre". En tout cas, cela permet d’imaginer des modes de fonctionnement et de reflechir dessus. Le discours ni dieu ni maitre à souvent mené au libéralisme idiot, à l’individualisme, y compris au sein des communautés hippies américaines par exemple (de vivre ensemble au culte du corps et de la beauté). Je vais un peu vite mais si tu ne vois pas de quoi je parle je te détaillerais tout ça…

        Je crois aussi qu’il existe une très forte rêgle de proportionnalité entre le nombre de participants à un projet et le temps d’ecriture collective, ou de propositions de chacun. Jusqu’à trois ou quatre ça parait imaginable, au delà….

        Enfin, il y a deux endroits pour la création : la conceptualisation, la mise en forme, les choix esthétiques, qui à mon avis sont les domaines du metteur en scène, et les interpretations qu’en fait l’acteur, intellectuelles ou ressenties, et qui sont son véritable espace de création. C’est d’ailleurs dans ce sens-là que certains parlent de créations collectives (je pense à Ali Salmi chez Van de Keybus par exemple).

        Encore une chose, je ne crois pas que l’urgence incite à la complaisance, je ne crois pas que la prétention de recherche d’efficacité immédiate soit de la prétention, ce point de vue là m’interesse, il fait preuve d’une forte exigeance, mais je ne suis pas certain que cette exigeance là soit correlative à un spectacle qui me plaise.

        Quand Picasso peignait une toile en une demi heure, il revendiquait trente ans de peinture derrière lui. Quand on monte un spectacle en 4 heures on convoque nos années d’apprentissage, d’envie et de frustration pour en faire quelque chose, ce n’est pas négligeable.
        La rigueur (ou l’exigeance) est aussi dans le travail quotidien, la ponctualité par exemple, mais aussi dans la recherche permanente est curieuse, dans la lecture, la reflexion, l’adaptabilité, le choix dans les propositions aussi, qui font qu’à un moment donné on n’est pas obligé de répéter six mois chaque spectacles (pour certains je ne dis pas le contraire), par contre ne pas se planter sur la methode, le propos, le temps à y passer et le résultat final.

        Y a-t-il sur chaque projet matière à six mois de boulot sans sombrer dans une autre forme de complaisance ? Je n’en suis pas certain.
        Mais j’attend les reflexions de chacun sur ce sujet avec impatience et curiosité….

        • tout bete Le 22 novembre 2009 à 16:31, par laurent

          Sans projet, sans envie, sans volonté, qu’elle soit issue d’un commun ou d’un individu on ne va pas bien loin.
          on peut aussi se poser la question : quelle serait la meilleure contribution que je puisse apporter à ce travail ? Comment m’investir pour servir au mieux cette volonté, direction, envie que j’ai épousée en agréant ma participation à cet hypothétique projet ?
          Suis-je assez ouvert (open) pour accueillir la proposition d’un autre, et assez humble pour l’accepter comme mienne ?

          Enfin, existe-t-il des créations à plusieurs participants qui ne soient pas collectives ?

          • tout bete Le 22 novembre 2009 à 20:02, par Mathurin Gasparini

            Tout à fait d’accord avec toi mon Lolo.
            Le but du jeux est quand même de perdre le moins de temps possible durant l’étape de création, des roles clairement définis et une confiance réciproque permettent une meilleur efficacité il me semble, à moins d’être pas trop nombreux ou de se connaitre depuis très longtemps (encore une fois, je ne connais aucune compagnie qui crée vraiment en collectif).
            Une création est évidement collective comme tu dis, c’est juste qu’on gagne du temps lorsque chacun accepte un répartition des rôles qui soit la meilleur pour cette proposition là.
            Ceci dit, je m’oppose formellement à l’idée de création collective, absurde à défendre si c’est seulement comme tu le dis et inopérante voir inexistante autrement.
            Les belles utopies inopérantes il faut les éliminer, cela fera de la place à des réflexions plus importantes.
            Qu’on ne parle plus de création collective entre nous alors…

            • tout bete Le 24 novembre 2009 à 23:21, par lolo

              je veux bien mais sur le fond je suis d’accord, vive la définition de poste, voire de rôle (peut-être plus juste)
              Vive le cadre de la liberté

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