Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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lettre à mes parrains

au milieu du parcours, les doutes germent

dimanche 11 décembre 2011, par olivier Villanove.

mercredi 7 décembre 2011

cher Guillaume, cher Yasmine,
Mes chers parrain, marraine de la fai ar,
voilà !
je suis bien content de prendre un moment pour vous écrire ces quelques lignes. Nous en sommes déjà à la moitié de notre fondamental. Je ne sais pas si je te vous l’ai dit la dernière fois ou nous nous sommes vu. Je suis au Maroc. Nous sommes dans la ville de Salé. Rien à dire de spécial sur cette ville au Nord de Rabat. grosse ville dortoir et populaire, quartiers en mosaïque, forêt de Parabole satellite. Dans le lonely, il dise clairement après avoir visité la médina, rien de spécial à faire, poursuivez votre chemin ! et nous nous inscrivons nos souvenirs tous frais sur ce territoire.

Nous travaillons avec Mohammed EL HASSOUNI – fondateur et directeur artistique du Théâtre Nomade, quelques comédiens/danseurs marocains ainsi que Margarete BIEREYE et David JOHNSTON – co-directeurs de la Cie Ton und Kirschen
comment vous dire en quelques mots ?
Le théâtre Nomade semble être la seule compagnie de rue au Maroc reconnu et appuyé par la France. Dominique Trichet est un grand ami de Mohamed, le directeur de ce théâtre. Il connait aussi bien Michel Crespin et le taquine par quelques private joke pour bien nous montrer qu’il en est complice…

Bon, quand nous sommes arrivés la semaine dernière, ça a été un peu le choc de voir leur lieu où ils sont installés. Entre une quatre voie, une cimenterie et une ligne de train. Un chapiteau blanc posé au milieu d’un terrain de basket et deux tentes berbères attenantes, un bureau avec le wifi (!). Dans le chapiteau, un parquet en bois mal clouté et troué et des affiches esquintées du théâtre Nomade avec leurs marionnettes géantes, des masques colorées au milieu d’un public intrigué.
Bref ! Nous plongeons dans l’ambiance… Nous sommes reçu avec toute l’hospitalité qui caractérise si bien le Maroc. Le midi, nous mangeons sur place des tajines délicieux préparés par une femme qui me rappelle étrangement le souvenir de ma grand-mère. Des enfants et des badauds intrigués s’arrêtent devant la grille et nous regarde aller…

Nous travaillons sous la houlette de Margarete qui a elle même travaillé avec Jacques Lecoq. C’est je trouve ce qu’il y a de plus significatif pour la représenter. Elle a un certain âge mais conserve une souplesse de chat et a un regard d’un bleu transparent qui reflètent une époque de pavés révolutionnaires. Elle sursaute de peur ou de joie dès que nous la surprenons. David est plus discret et a toujours des chemises et chaussures impeccable. il est anglais. En lui, ça bouillone mais tache de ne rien laisser paraître. du coup, on ne voit que çà.

L’intitulé de notre stage de théâtre, (on dit fondamental à la Fai ar mais David préfère ce terme !) est la parade.
déambulation, du sacré au profane, secret et merveilleux !
la semaine dernière, nous nous sommes laissés porter par les ateliers et exercices de groupe. Nous avons trouvé une belle unité avec l’équipe Marocaine. Ah ! je ne vous ai pas dit, trois sont sourds, muets et beaux comme des dieux.
cette semaine, c’est un peu plus dur, on perd un peu le sens de notre présence et avons demandé un temps d’échangé pour retrouver l’envie évaporée au fil d’ateliers plutôt chaotiques…
On ne sait pas trop ce que l’on va faire. l’équipe est dans une pédagogie du silence et du mystère. Il ne nous informe pas de ce qui les anime eux.

L’équipe des apprentis, la vie de groupe, c’est pas facile. Ca bouscule. Ce matin en allant courir sur la plage (il y a quand même des moments de plénitude j’avoue !) Je me suis dis qu’avant de rentrer dans cette formation, j’étais bien tranquille. quand je faisais mon travail de conteurs, seul sur la route, j’avais personne à attendre trois plombes, des égaux surdimensionnés à respecter, des niaiseries à laisser couler. Ca réveille des souvenirs de collège où il faut trouver sa place dans la meute. Être présent, concilier, et tout et tout… Mais au fond, au delà de ça je sens que ça va me bousculer. Je suis en confiance dans le regard qui se dégage des autres, de leurs expériences, de ces rudesses qui m’oblige à réfléchir différemment ! J’accepte, je prends et j’apprends mais je me tends et finis par moi même perdre le sens. Le sentiment de solitude est parfois plus grand au milieu d’une foule.

Voyez vous mes chers parrains, voilà plus de deux mois que je suis ici et un nouvel horizon complet se dégage devant moi et pourtant j’ai l’impression de toujours voir la terre de mon passé, d’y rester attaché. j’aimerai bien que l’on puisse s’en parler. Votre place de parrain/ marraine nous a-t-on présentée est de nous guider dans ma nouvelle géographie marseillaise mais je préfèrerais que ce soit une géographie plus sensible. Je vous préparerai une bonne tartiflette (j’ai une de ces envies de fromages ici !) au retours de nos voyages respectifs. On est dans un sacré triangle, Maroc, Liban, Thaïlande… On aura des choses à se raconter !

Dans ma prochaine lettre, je vous parlerai de mon projet personnel !
je suis complètement paumé avec cet histoire…

je vous embrasse bien marocainement
Olivier
votre filleul !

1 Message

  • lettre à mes parrains Le 13 décembre 2011 à 20:11, par Nadège

    merci pour ce texte et de voir à travers des yeux nouveaux le chemin par lequel nous aussi l’année dernière que dis je il y a deux ans nous sommes passés. courage pour tout et de belles découvertes en perspectives.
    une ancienne de la faiar.

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