Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
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lectures critiques

lundi 29 mars 2010, par elsa vanzande.

Lectures critiques

Rédiger un dossier de présentation de votre Projet Personnel de Création. Document concis. Pour le 26 février 2010. Chaque binôme de « lecteurs critiques » recevra trois ou quatre dossiers de présentation différents et fera des retours la semaine du 22 mars.

• JOUR 1 •

Pascal Larderet – compagnie Cacahuète

Sylvaine Pontal – chargée de mission spectacle vivant région PACA

(1) Mathurin Gasparini ⇒ LA REMONTEE DU COURS DE LA BOURSE A LA NAGE

SP : Texte très écrit. Dimension de l’aventure ? Entrée sur la démarche artistique.

PL : Une petite jauge dans la rue, ça n’existe pas. Réfléchir sur le dispositif skate.

MG : Le public qui suit et le public qui ne suit pas. Le personnage au sol.

PL : Indispensable d’utiliser l’environnement de la rue. Gaëlle, c’est ta copine ?

SP : Creuser la question du jeu burlesque.

PL : Partir des images. Le texte, c’est trop dur dans la rue.

SP : Et des situations ; en référence à l’idée du jeu burlesque.

MG : Burlesque, années 30, genre Charlot.

PL : Relation présentatrice / explorateur. Quelle évolution de la relation ?

SP : Spéculation, mot absent du dossier. Aller plus loin dans les accroches. Comment tu fais rentrer le dedans dehors ?

PL : Pluie de billets de banque, des vrais ou des faux ? Décalage par rapport à la réalité de l’espace. Question des repérages. Debord, c’est la référence absolue.

SP : Le dossier est un peu à l’envers.

(2) Elodie Harauchamps ⇒ ZAZA JEANMEURE

SP : Pourquoi tu veux faire ça ? Qu’est-ce qui t’anime ?

PL : Pourquoi dans la rue ? Déjà vu 2500 fois.

SP : Qu’est-ce qu’il se passe en dehors des temps cabaret ?

EH : Se poser 3/4 jours, vivre avec ses personnages, le quotidien / le spectacle.

SP : À la lecture du dossier, c’est pas clair.

PL : Trouver un espace que tu peux habiter, rentrer dans la dimension du cabaret de rue, ce serait con de pas aller jusqu’au bout, sinon autant aller en chapiteau.

SP : L’envie de l’itinérance.

PL : C’est un univers de nostalgie, pas un univers de cabaret. Tu parles de la mémoire, l’histoire d’une ville, d’un quartier, d’une rue.

SP : Penser à la faisabilité du projet. Convoquer la mémoire du lieu. Est-ce qu’il y a des gens qui chantent ?

EH : Provocation / trash / pourquoi c’est pas provoc ?

SP : C’était plaqué.

PL : Bonnes références. Etre dans la rue, ça empêche pas de faire du théâtre.

(3) Cyril Lévi Provençal ⇒ LE VAISSEAU EGARE

SP : Besoin d’en savoir un peu plus sur la forme : texte, installations… ?

PL : C’est un lien à part, rapport social différent, nudité / dénuement

SP : Choix de la plage comme espace, ne peut pas être anodin comme lieu.

CLP : Dimension mythique, Ulysse, Robinson Crusoé… Volonté poétique.

SP : La plage comme lieu de frontières. Ce que la mer amène, les déchets. Il faut définir sur quelle plage tu veux travailler, quel type de plage ?

PL : C’est un peu nébuleux, difficulté à retirer les idées-force.

CLP : Chaque plage a sa scénographie. Le voyage d’Ulysse. Voir la dimension mythologique dans chaque rocher.

PL : Pas assez mis en valeur. La plage, c’est un des derniers espaces de liberté.

CLP : Public convoqué à chaque tombée de la nuit.

PL : Faire vivre un personnage la journée en théâtre invisible ?

SP : Paysage de la plage tellement fort que ça mange le spectacle ? Comment exister là ?

PL : Qu’est ce que tu veux faire passer comme message ?

CLP : Mère / mer. On est tous passés par là. Parler de l’égarement.

(4) Laurent Driss ⇒ DEREVE LE POINT B

SP : C’est flou sur la forme.

PL : Préciser. Public convoqué ? Espace retiré où les spectateurs sont guidés dans un parcours ? Plus arts plastiques que spectacle vivant ?

SP : Il y a du rêve plus ton utopie personnelle. Ça, on le voit bien. On voit moins le passage à la réalité, comment tu embarques les spectateurs dans un changement de perceptions.

PL : Quelle relation entre l’espace de la rue et l’espace préservé ?

LD : Infusion – diffusion – principe de la bulle.

PL : Comment tu gères le public ? Labyrinthe ?

LD : Ça dépend du lieu.

PL : Déjà des spectacles faits dans l’idée d’investir des espaces abandonnées (maison, hangar…) mais il y a encore de la place. Voir maison à Lachaudefont (Suisse). Projet entre arts de la rue et installation plastique interactive.

SP : Question typographique. Ça peut avoir du sens a posteriori.

PL : C’est pas grave d’avoir des questions sans réponses mais faut pouvoir argumenter.

• JOUR 2 •

Julie De Muer – Système Friche Théâtre

Alain Fourneau – Théâtre des Bernardines

Dominique Pralong Mars – Arcade PACA

(1) Emeline Guillaud ⇒ BLEU COMME UNE ORANGE

JDM : Question de la tension, de la résistance, présente et claire dans le dossier. Mention du mot « pictural », quel jeu avec les couleurs ?

EG : A voir, possibilité non fermée.

AF : Quel mode d’expérimentation ?

JDM : Interaction corps / architecture bien tangible. Interaction corps / matière compréhensible. Où ça se rencontre ? Aller à contrepied de la matière urbaine, par le mou, l’élastique… ?

EG : Travailler sur les états.

AF : Entre déambulation et surgissement.

DPM : Dynamique de mise en valeur du patrimoine architectural ou de mise en avant de la performance ?

JDM : Quel type d’espace à investir ?

EG : Les creux, les délaissés, aller se nicher, la ville étouffante.

AF : Quelle stratégie ? Comment tu comptes employer le temps d’ici un an ? Qu’est-ce que tu ferais comme reflet maintenant ? Qu’est-ce que tu pressens ?

EG : Chaotique. Difficulté à se projeter.

AF : Quels choix exploratoires ? On ne sent pas comment tu comptes employer le temps ?

DPM : Est-ce que c’est une confrontation personnelle ou un processus collectif ?

AF : Impression d’avoir appréhendé le projet qui finalement paraît plus flou dans la parole que dans le dossier.

JDM : Fluide et simple à la lecture. Plus d’enjeux qu’il n’y paraît. La discussion enrichit. Dossier un peu réducteur.

(2) Anne Corté ⇒ UNITED FRUIT

DPM : Est-ce qu’il y a un sens politique ? La banane.

JDM : Rattraper le train en marche

AC : Images-actions. Images en mouvement. Les fantômes. Compter sur l’intuition. Espace scénique et paysage.

JDM : Positionnement fantaisiste et politique. Dans le choix d’un lieu, qu’est-ce qui prédomine ?

AC : Fascinations, élégance et beauté de l’erreur.

AF : Délimitation paysage / espace scénique ? Rapport entre les deux ?

AC : Lieu des déplacements, des courses / Espace des anecdotes.

JDM : Typologie étrange. C’est plus une question de format.

AF : Est-ce que les courses peuvent être aléatoires ? Une longue liste où on tire au sort ? En faire beaucoup pour ne garder que ce qui se dépose sans trop marquer un sens.

JDM : Tu peux vite devenir donneuse de leçon. Il faut garder le côté baroque et décalé.

DPM : Changer le terme « anecdote ».

JDM : C’est plus un concentré.

AF : Difficile de comprendre d’après le dossier. Paraît plus précis à l’oral.

JDM : Pas compris grand-chose au dossier. Mauvaise qualité d’impression. Sensation d’étapes manquantes. Légender les dessins, par rapport au processus de travail. Dur à comprendre à la lecture.

AC : Demande floue. Un peu désorientée.

(3) Arnaud Poupin ⇒ MISE EN ABIME

JDM : Volonté de comprendre des phénomènes de communication mais impression qu’il y avait aussi celle de comprendre le corps social. Difficulté à le retrouver dans les expériences proposées, du coup, ça paraît plus anecdotique. Est-ce que le public est rat de laboratoire ? Qu’est-ce que ça produit comme formes à partager ?

AF : Pareil. Impression d’un programme de recherche global, pour des années. Derrière chaque expérience, il y a des hypothèses mais comment ça commence ? Les propositions sont quasi-toutes intéressantes et excitantes.

AP : Certaines propositions sont des formes en elles-mêmes, dont il pourra ressortir des choses difficiles à imaginer maintenant. Si laboratoire invisible, c’est pour affiner la pertinence. Comment rendre le cheminement de l’expérience accessible à ceux qui la vivent ? Ça se fait dans un même temps a priori. Work in progress.

JDM : Clarifier en passant par un protocole qui permette de cerner un peu mieux les enjeux.

AF : Topologie d’expériences avant l’enjeu global pour en sortir une vision plus sensible. Partir des intuitions.

JDM : Reste la question de la restitution des expériences.

AF : Phase de labo pour pouvoir y répondre ensuite.

AP : Premières propositions seront moins lisibles, l’idée est que ça le soit de plus en plus.

DPM : L’intuition est plus intéressante que l’hypothèse.

• JOUR 3 •

Amanda Diaz Ubierna – Conseil de Suivi Pédagogique FAI AR

Gabriele Boccani – Stalker Teatro (traduction : Pietro Ballestrero)

(1) Julie Lefebvre ⇒ MIETTES & CAPRICES

GB : La réalité d’inscription, jardin d’enfants, est claire. Quelle position des enfants ? Est-ce que le travail autour de la publicité a un rôle dans le rapport entre enfants et adultes ?

JL : Support visuel avec un double sens, inversion des rôles entre enfants et adultes, scénographie, détournement. Image de perversion / perversité.

GB : Est-ce que les enfants peuvent amener une réponse dans ce détournement ? Ou c’est un élément extérieur ?

ADU : La question de l’enfance, c’est pas une évidence. Ton urgence, c’est le caprice, c’est ça qu’il faut tenir. Mais la question de la danse n’est pas assumée. Attention aux mots posés sur de simples envies, ça peut paraître léger. C’est pas écrit que tu pars du mouvement pour aller vers le théâtre. Assume une recherche sur le mouvement et formule-la parce que si l’aire de jeu tombe, il faut que la recherche soit encore là.

JL : Je suis sûre de vouloir articuler mouvement, aire de jeu et espace publicitaire.

GB : C’est moins la danse qu’un mouvement transversal. Est-ce que c’est une forme extradisciplinaire ? Mais important de penser aux disciplines, comme filtres de regard. La chorégraphie est une clé importante, la contamination est une modalité d’écriture. Il y a des éléments réels forts, l’aire de jeu et les enfants. L’artiste doit amener un prétexte imaginaire. Bien penser l’interaction.

ADU : Qu’est-ce que la matière du paradoxe ?

JL : Brouiller les pistes.

(2) Maël Palu ⇒ SYLVERTHORNE

GB : Est-ce que tes expériences passées, notamment cirque, participent au projet ?

MP : Plus celles de technicien lumière pour utiliser plus que 10% des possibilités de la lumière.

ADU : Le cirque est la première chose mentionnée dans le dossier, le lecteur se pose obligatoirement la question. Tu dois choisir ce que tu donnes à lire dans le dossier.

GB : Si tu parles de lumière, qu’est ce que tu veux illuminer ?

MP : La lumière comme matière.

GB : Comment se détacher de la source de la lumière et de ce qu’elle éclaire ? Quelles expérimentations concrètes ?

MP : Fabriquer des lampes et parasiter les lumières de la ville.

ADU : Grand décalage entre le dossier et la présentation d’aujourd’hui. Il faut choisir, préciser et assumer ce que tu veux faire. Comment faire des retours sur ton dossier ?

GB : Il y a un seul point clair, tu ne donnes pas d’autres éléments, c’est un point conceptuel. Il faut que ce soit très articulé.

DT : Le rapport au public peut aider à préciser le projet et faire avancer.

(3) Séverine Bruneton ⇒ SOLITUDE

GB : Ce que tu veux réaliser est clair dans le dossier. Aspect formel du travail comme première impression. Aspect émotionnel reçu ensuite. Notamment par le fait de voir cette même silhouette dans plusieurs endroits. Importance de la surface. Langage facile à traduire. Une présence ou une absence sur une surface est un langage déjà conclu. Comment cette expérimentation peut aller plus loin ?

SB : Communiquer avec les gens, leur proposer de tracer leurs propres solitudes. Expérience avec des tableaux noirs, espaces d’expression. Amener les gens à parler d’eux-mêmes.

GB : Le mot-clé pourrait être dispositif, comme part du langage plus que comme outil.

ADU : Pour qui le dossier a-t-il été écrit ? Des fois, les choses les plus simples sont les plus profondes. Si tu mets tout le processus, ça remplit la silhouette alors que ça n’appartient qu’à toi. Est-ce que la simplicité angoisse ? L’enjeu d’appropriation par d’autres gens n’est pas mis en valeur, on a l’impression que tu veux plus parler de toi que de la solitude.

GB : Tu parles notamment de sourire dans le dossier. Est-ce que c’est amené à être développé ?

SB : Plus en filigrane. Peut-être à développer plus.

(4) Maüs Olive Salvo ⇒ YOUTUBE IN LIFE

GB : Connexion entre youtube et « retour vers le futur » ?

MOS : Youtube est plateforme, une excuse, un support, pas d’autre lien.

DT : Pourquoi tu utilises le mot « youtube » et pas vidéo ?

MOS : Format, populaire.

ADU : Youtube, c’est une plateforme libre de diffusion d’images vidéos sur internet.

MOS : Notion de rapport public / privé, exhibition, côté amateur.

DT : Est-ce qu’il n’y a pas aussi la volonté de parler de choses tellement privées qu’il faut les rendre très publiques pour en parler ?

GB : Est-ce que youtube c’est le support que tu veux utiliser ?

MOS : Non, moment théâtral dans la rue.

GB : Youtube est le support théorique. Est-ce que l’opération pratique est de réaliser « retour vers le futur » avec ton père ?

ADU : Manque l’effort d’expliquer ton positionnement, à part les problèmes de langue, est-ce que ça a un intérêt que le lecteur comprenne ta démarche ou est-ce que tu veux qu’on prenne part à ton expérience sans comprendre ta démarche intellectuelle ? L’entre-deux est ce qui demande le moins d’effort, c’est facile.

GB : Quelle est la dimension artistique affichée de ton travail ? Mention art brut dans le dossier.

UBA : Est-ce que tu as des références d’autres travaux artistiques dans la même veine ? Ecris en catalan. Il ne faut pas que la langue soit une excuse pour toi-même.

GB : Le fait de travailler avec ton père est un élément fort, dramaturgiquement.

• JOUR 4 •

Maud Le Floch’ – pOlau

Françoise Trompette – Orphéon Théâtre Intérieur

(1) Nadège Delalande ⇒ OCCUPATION

FT : Suis sensible au beaucoup de désir et au fait de se perdre dans un labyrinthe de questions. On sent l’envie de trouver l’espace intime, le risque de la confrontation d’une personne à une autre. Est-ce que l’espace intime n’est pas celui de la relation ? Cœur du travail. Beaucoup d’interrogations, il faut trouver une manière d’agencer vos idées en strates. Les assumer. Beaucoup d’idées dans un projet. Réduire

MLF : Le repos n’est pas le propos, attention. Boîte, c’est réducteur, l’idée, c’est plus une bulle qui capte l’environnement, le remixe, le redonne.

FT : J’entends une réflexion sur le précaire, l’éphémère et le nomadisme.

MLF : Quelle humeur, quel état souhaité quand le public repart ?

ND : Juste se dire que la rue nous appartient.

FT : Etre ensemble peut être dangereux. Est-ce que l’autorisation demandée réduit ou change la valeur de l’acte ?

(2) Elsa ⇒ UNITE DE MESURE

à venir

(3) Abigaël Lordon ⇒ A DOS DE VILLE

MLF : Quel est ton propos ?

FT : C’est fait pour être vu d’en haut ou d’en bas ? Circulation des habitants du toit par l’intérieur de l’immeuble ? La canopée est un endroit où vivent des espèces qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Est-ce que les habitants du toit sont présents pour une durée déterminée, avec une vie, dans un habitat, avec une boîte aux lettres… ou est-ce que le toit est un lieu de représentation ?

MLF : C’est quoi cette envie de relier les gens ?

AL : Aller plus loin que le regard.

FT : Tu connais les points de vue (fenêtres sur toits), est-ce que tu as des images ?

AL : Des marches. L’envie que les gens soient curieux au point de parvenir à aller sur le toit. Envie de travailler sur la mémoire des lieux.

MLF : Pourquoi ça s’appelle « A dos de ville » ?

AL : Idée de voyage. Envie de faire parler les vides. Quels usages donner à ces espaces de respiration ?

MLF : Bonne connaissance de la ville, mais où tu te situes ? Qu’est ce que tu penses de l’expérience PLM, d’Ilotopie ? Peut-être creuser les recherches artistiques sur l’habitat, les recherches sur l’architecture.

FT : Projet fait pour être vu des fenêtres, fait penser aux loges d’un théâtre, à un opéra urbain.

DT : Idée d’une simplicité et d’une originalité fortes, ne pas se laisser envahir par la théorie.

(4) Laetitia ⇒ PARASITE PARADISE IN PROGRESS

FT : Motivation de graphiste de quitter ton bureau pour aller vers les gens et dans ton projet tu ramènes ce que tu prends derrière un écran d’ordi. Difficulté de la forme finale.

MLF : Chantier formidable et complexe, à mi-chemin entre le travail d’artiste et d’éditrice. Même question qu’à Abi, pourquoi vouloir relier les gens ? Quel propos ? Sensation d’injonction un peu malsaine. Est-ce que ça va vers un jeu, une œuvre, une application de tourisme urbain ?

FT : Est-ce qu’il faut que les six personnes habitent nécessairement dans la même ville ? Auteur – amateur ?

MLF : Quel est l’enjeu ? Quel est le thème ? Qu’est ce que tu veux dire ? A quoi tu as envie de faire jouer ?

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