Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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le theatre dans la rue quelle place ?

suite à ma discussion avec marion de karwan

dimanche 13 décembre 2009, par Nadège Delalande.

samedi soir, crémaillière, je suis invitée, je rencontre Marion de Karwan qui me parle de son travail et des formes artistiques qu’elle aime . Cette discussion provoque en moi une suite de questions et plus particulièrement une : le théâtre a t’il encore sa place sous la forme "traditionnelle" en rue ??????????????????

Le théâtre dans la rue quelle place ?

A l’heure où la création de rue va de plus en plus vers des formes liées au quotidien des « usagers », à l’heure où il n’est plus besoin d’être comédien, musicien … pour investir l’espace public, où en est le théâtre.

N’assistons nous pas de plus en plus à des formes qui empruntent des chemins détournés afin D’entrer, de s’immiscer dans la « matière » vie pour travailler au cœur de la réalité. N’est ce pas là que se situent de plus en plus les aspirations et interventions artistiques ? Mettre en scène la réalité.

Je garde toujours en tète le contexte de la rue et cette image de l’artiste qui se plie, se fait de plus en plus, à la forme que prend la société plutôt que de l’artiste qui exprime publiquement son rêve de société. : Sommes nous en train de nous infiltrer dans la réalité, de créer des réseaux invisibles de complicité sensorielle afin de rendre le quotidien plus poétique moins difficile ? Comme si nous étions en train de trouver des solutions « underground » pour non plus dénoncer notre quotidien mais le rendre plus « supportable » par l’imaginaire. Dans ce cas tout à chacun n’est t’il pas en potentielle capacité d’investir les lieux de son propre quotidien ? Qu’elle est donc à ce stade la définition de « forme artistique » ? Où se situe t’elle ? On assiste chaque jour à des initiatives d’intervention prises en charge par d’autres secteurs, l’architecture, la danse, la performance individuelle et collective des usagers eux même (je pense là notamment aux flash mob. Et autres formes de ce genre). La parole s’est elle déliée ? L’oser faire s’est il répandu ? L’espace public est il devenu plus accessible ??? L’artiste n’a donc plus le monopole de l’intervention et dans ce cas qu’est ce que artiste ? Qui sont aujourd’hui les initiateurs et quelles formes revendiquent t’il ? Qu’est ce que théâtre ? Dans cette évolution de la pratique n’est il pas en train de se faire dépasser Par ces formes invisibles qui investissent le quotidien et reconnectent les imaginaires des usagers sans obligation de spectaculaire Par l’acteur non acteur Par l’espace qui se suffit à lui-même pour nous donner la matière scénographique

J’imagine dans un futur lointain, un espace public en mouvement continuel où se mélangent les interventions « réalité fiction » au plus proche de l’usager où la ville est devenue un terrain de jeu animé de « l’intérieur » par des initiatives individuelles et collectives des usagers eux même. Que deviendront alors les saltimbanques ? parlera on encore de politique ? l’imaginaire sera-t-il devenu un refuge ? une nécessité ? une survie de l’âme ? et le théâtre une chose ancienne trop fabriquée ? l Je ne prends parti pour rien je pose juste une question et ouvre le débat

Le théâtre dans la rue, quelle place ?

3 Messages de forum

  • le theatre dans la rue quelle place ? Le 14 décembre 2009 à 10:58, par Mathurin Gasparini

    Effectivement, je crois qu’il y a un vrai danger à s’engouffrer dans ces formes de théâtre "sensorielles" ou "invisibles" ou "sociologique" je sais pas quoi. Évidemment c’est intéressant, il y a plein de choses à faire dans cette direction, mais pour quel public ? quelle jauge ?
    Ici à la Fai Ar, les envies tournent souvent autour de ces choses là, cela ressemble parfois à un constat d’impuissance : puisqu’il est difficile d’inventer des formes spectaculaires sans argent, puisque cela demande de la technique, du temps, engouffrons nous dans ces petites formes qui se veulent intelligentes, sensibles. Mais qui assumera le burlesque, le grotesque, le plus grand que la vie même, puisque c’est pour (par ?) cela que les arts de la rue se sont crées.

    Je lis en ce moment la revue de l’internationnale situationniste et si ils revendiquent la poésie, les dérives, l’architecture unitaire, ce n’est pas pour se "rapprocher du sensible", c’est pour transformer la société en profondeur, pour amener à la révolution (je vais très vite).

    En tout cas, je suis souvent dérangé par ces formes pour petites jauges qui permettent trop souvent au public de se sentir happy few, intelligent et sensible, cela sent trop l’auto-satisfaction mutuelle.

    Donc mettons nous en danger, n’ayons pas peur d’être ridicule, mégalomane, trop tout, mais ne nous contentons pas de cette sensiblerie qui rassure tout le monde.

    Quand à la place de l’artiste, il s’agit peut être juste de cela, celui qui ose prendre des risques que les autres ne prennent pas.

    Voilà, avançons encore.

    Mathurin

    PS : Et je trouve extremement dangereux qu’une responsable de Karwann prenne parti pour ce genre de formes, même si cela n’est pas officiel et dans un cadre privé.

    • le theatre dans la rue quelle place ? Le 20 décembre 2009 à 01:16

      oh la !! oh la !! marion ne prend parti pour pour rien , elle m’a juste fait part de ce qu’elle aimait au même titre que toi tu me fais part de ce que tu n’aimes pas.
      il n’y a pas de question d’influence ici. et ce n’est en tout cas pas le sujet.
      le contexte professionnel n’est pas de mise puisque le cadre dans lequel cette discussion a eu lieu est HORS PROFESSIONNEL. nous avons discuté de ce sujet comme chacun aurait pu le faire lors d’une soirée… alors permets moi, mais il me semble que tu avance avec une facilité déconcertante un jugement qui n’a ici aucun lieu d’être. tu te permets de juger un peu vite je pense…. je te souhaite cela dit de bonnes fetes de fin d’année

    • le theatre dans la rue quelle place ? Le 21 décembre 2009 à 22:25, par laurent

      merci de lancer ce débat, c’est intéressant.
      de mon côté mes grosses expériences de rues ont été établies dans le registre du sensoriel, de l’organique, bien que je ne m’en doutais pas au commencement.
      La facilité du propos, en fait j’en sais rien, je sais que c’est plutôt confortable pour le public, bien que je me rappelle certains qui sont partie de mon petit lieu parce que ce n’était pas supportable, trop violent, ou d’autres qui ouvraient les vannes, et laissait aller ce qui arrivait. Non c’est vrai que c’était ni burlesque, ni … peut-être un peu absurde, décalé. Pas de revendication d’intelligence ni de sensibilité particulières, le désir de porter une parole dans la rue, d’amener des nourritures, un contrepoint à notre société ou notre mode de vie. Enfin je parle d’un vécu, d’une caravane qui avait su s’inscrire dans un petit village qui s’appelle Croix-Rousse, et aujourd’hui je fais du sensoriel.
      Mais en fait ça m’ennuie un peu ce discours. Je ne fais pas du sensoriel parce que j’aime ça, si je le fais quand je le fais c’est parce qu’il s’agit de l’outil qu’il me faut hic et nunc. Après j’ai pas envie de me faire enfermer par une forme, ça dépend peut-être de ce qu’on a à dire.

      Quant à la place du théâtre dans la rue, quelle est la place du spectateur ? quelle place l’artiste donne au spectateur ? quelle est la position de son oeuvre dans quel espace public ? dans quels temps publics ?

      bonnes vacances

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