UN FONDAMENTAL PATCHWORK
phase 1 avec Jean Faucheur, peintre (ancien membre des Frères Ripoulin, un groupe de peintres monté comme un groupe de rock), qui nous propose une expérience "mon corps comme une antenne".
deux lieux à capter, "soyez centrés en vous", 1/2 heure dans chaque endroit, chacun dans sa bulle, on n’échange ni regard, ni parole, ni contact…
en notes :
- sous l’A55
en premier, un rai de lumière, interstice dans un plafond plancher que je pensais jointif. puis les claquements. je sais que j’aime mais je bouge. la tête / le corps. aujourd’hui, le plafond plancher m’oppresse.
porte 3 Beauséjour 6/7 14h30 39° SKIKDA TUNIS ALGER BASTIA PROPRIANO ailleurs / ici
je remonte un bruit à la trace. côté panzani, ça bourdonne et ça ventile. je vois plus large. lieu de passage. file. défile.
il n’y a que 16 humains sur leurs deux pattes plus 2 flics. ça me coupe. une sirène, non, une alarme. je me sens peu. je me sens immobile, immobile, immobile.
d’un coup, un homme, marchant sur ses deux pattes, tout ballant et balloté. j’ai l’impression qu’il est venu pour moi. juste parce que je nous sentais seuls. ça fait du bien que ce ne soit pas si saisissable.
ça bourdonne. des sons sons circulant dans des nappes.
je me sens grise. les fanions mettent du fluo au vent. superpositions. je me sens en distance panoramique.
les flics s’en vont. je bouge.
la remorque rouge a été emmenée. et le monsieur ballant aussi. par le bus 36.
je me sens de plus en plus immobile. tout ce mouvement. je me demande ce qu’il fait là, celui-là, immatriculé val de marne. déjà plus là.
on dirait que ça tourne en rond, 35, 36, 36 barré. les bus. les bétonnières, deuxième, en rotation aussi. les sons m’englobent. cemex, les bétonnières, troisième. cet endroit me ratatine.
au loin, au très très loin, une aire de jeux pour enfants.
- place à Saint Henri
le genre d’endroit qui laisse indifférent. peut-être un effet des platanes sur fond de cigales. je me sens face un champ de lavande. (aucune stimulation et morne ennui du cliché)
se sentir en train de penser à ce que j’ai à faire comme est-ce qu’on pourrait déplacer la séance de préparation du plan de la ville pivotée à Apt de ce soir à demain.
mettre du temps à s’assoir, deux tours de place, du temps avant d’écrire. attendre que le temps passe. attendre qu’on vienne me dire que l’expérience est finie.
ne rien attendre de cet endroit et ne pas avoir envie d’aller à sa rencontre.
le temps s’est arrêté, le temps s’est suspendu. la place est immobile. il faudrait sans doute se vautrer dans cette immobilité. elle a l’air faite pour ça.
ça va mieux quand je ne vois personne.
je m’endors.
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de ces expériences, garder un mot. de ce mot, tirer un signe. prendre une photo.
perchée sur le tablier de l’autopont, je pêche à la ligne, dans une immobilité qui n’a de raison d’être que parce qu’il y une circulation et un mouvement potentiel en dessous.
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phase 2 avec Germain Prévost, interprète-plasticien (à la croisée entre street art et spectacle de rue) avec qui on réalise une peinture de 50m2 que l’on ira coller sur une usine désaffectée.
en image :

réalisation par julie, arnaud, anne et elsa. un point dans la ville parmi une caravane de chameaux et de cargos, un visage qui s’écrase contre une vitre, un autre qui vomit un lambeau de publicité, un retour dans le temps anamorphique, une frontière qui s’escalade, une ancienne cordonnerie qui laisse apparaître ses dessous cachés.
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entre la phase 1 et la phase 2, on rajoute un week-end d’expériences artistiques à Apt où, entre autre, le signe a pris de la place dans la ville.
une superbe initiative de Séverine à laquelle on a largement répondu présents. une belle idée que d’expérimenter et de travailler toutes sortes de propositions dans les rues d’Apt. comme quoi, la rue est à défendre en tant que lieu d’essai, de test, de recherche, de raté, de surprise… et pas seulement espace de représentation où l’on ne montre que des produits censés être finis.
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en souvenir :
trois semaines denses, riches, intenses, rien que ça…









