"La démarche de Cadere trouve des échos dans les analyses de l’espace proposées, à la même époque, par Henri Lefebvre. Pour le philosophe marxiste comme pour l’artiste conceptuel, l’espace est le lieu de sédimentation des rapports de pouvoir. C’est sous cet angle que pourrait notamment être interprété le conflit qui opposa Cadere à Daniel Buren, dont les perspectives sont pourtant très proches. L’art in situ pratiqué par ce dernier est, selon ses propres termes, "un travail non seulement en rapport avec le lieu où il se trouve, mais également un travail entièrement fabriqué dans ce lieu". A l’opposé de ce modèle, il faudrait qualifier la démarche de Cadere de pratique ex situ. Tout en mettant elle-même en crise les critères contextuels d’identification artistique, elle repose sur un principe de mobilité consistant à investir le lieu de l’autre sans jamais s’y établir. (…) … l’ex situ est à envisager comme une critique en acte de l’in situ. Par son indépendance radicale, il fait porter le soupçon sur la dépendance matérielle et politique possible d’une œuvre (et notamment celle de Buren), dès lors que celle-ci nécessite un lieu, n’importe quel lieu, pour exister." C’est de Laurent Buffet et ça met en forme par mal de mes questionnements et doutes sur la pratique in situ. A trois mois de la fin de cette formation, ça m’a fait du bien de lire cela sur le trône ce matin.










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