Il y a comme un gros sujet qui tourne au dessus de la formation, qui serait ce que j’appelle, faute de mieux, faute qu’il ait un nom, "esthétique participative". Qui pourrait être relié au "théâtre de l’échange", à l’esthétique relationnelle, et peut-être même au théâtre forum. Il y a le théâtre invisible aussi.
Comme une grosse mode qui permettrait de croire à bon compte que l’on fait du théâtre autrement, que le public se sent impliqué.
Je connais pas bien l’histoire mais je serais près à parier que ces thèrmes sont entrés dans le registre du théâtre de rue en même temps que le gros pognon des subventions.
Mais c’est peut-être plutôt quand il n’y a plus eu de pognon pour la création en fait.
Tout cela se relie tellement facilement avec la démocratisation culturelle.
"on va faire des trucs avec les gens, d’après ce qu’ils nous disent, ce que nous évoque le quartier…" Adaptabilité, écoute, sensibilité, berk… Tout cela me donne la nausée.
Le théâtre forum, quand Boal l’a crée, était conçu comme un outil d’émancipation, à but révolutionnaire, pour inciter les publics à s’instruire ou à se révolter.
Tel qu’il est utilisé en France, il s’agit d’un outil de controle social pour lutter contre la drogue ou le racket à l’école. Le but n’est pas vraiment le même.
Accompagner des rénovations de quartier n’est pas loin de cela. J’en ai autant pour le théâtre à jauge tel qu’il se pratique de plus en plus.
Ce qui fait qu’à Chalons, après un survol du programme, je n’ai que envie d’aller voir des fanfares : musicabrass, mazalda, rosa, friture moderne, parce que là je sais qu’il y aura de la vie et des nouveautés. Ce ne sont pas n’importe quelles fanfares non plus….
Nicolas Bourriaud quand il parle d’esthétique relationelle analyse un changement dans le champ de l’art contemporain mais le virus participatif s’est étendu partout.
A tel point qu’il est difficile maintenant de s’assumer comme auteur amenant une forme dans l’espace public. Ringard, dépassé. A la chartreuse d’Avignon on théorise même la fin des auteurs. Tout cela est fort angoissant.
On va tous se retrouver à faire de la médiation à la manière des hotesses dans les jeux télévisés.
Alors moi qui suis un vieux réac, je défend le statut de l’auteur, qui n’a comme seul mérite que celui de réflechir depuis longtemps sur un sujet et d’avoir réussi à le mettre en forme sans utiliser toutes ces vieilles ficelles pseudo démocratique.
D’ailleurs, la performance, nouvelle mode de l’année, peut se sentir visée aussi, résussé de postures artistiques de l’inconséquence. Bon ça y est, je crois que j’ai perdu tous mes potes, je peux aller me coucher en paix.
En fait je crois qu’on cherche tous les moyens pour éviter d’avoir à assumer une parole et que c’est triste.
Donc moi je mets mes conneries sur ce blog….










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