Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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esthetique relationelle et démagogie participative

comment perdre des amis

mercredi 14 juillet 2010, par Mathurin Gasparini.

Il y a comme un gros sujet qui tourne au dessus de la formation, qui serait ce que j’appelle, faute de mieux, faute qu’il ait un nom, "esthétique participative". Qui pourrait être relié au "théâtre de l’échange", à l’esthétique relationnelle, et peut-être même au théâtre forum. Il y a le théâtre invisible aussi.

Comme une grosse mode qui permettrait de croire à bon compte que l’on fait du théâtre autrement, que le public se sent impliqué.

Je connais pas bien l’histoire mais je serais près à parier que ces thèrmes sont entrés dans le registre du théâtre de rue en même temps que le gros pognon des subventions.

Mais c’est peut-être plutôt quand il n’y a plus eu de pognon pour la création en fait.

Tout cela se relie tellement facilement avec la démocratisation culturelle.

"on va faire des trucs avec les gens, d’après ce qu’ils nous disent, ce que nous évoque le quartier…" Adaptabilité, écoute, sensibilité, berk… Tout cela me donne la nausée.

Le théâtre forum, quand Boal l’a crée, était conçu comme un outil d’émancipation, à but révolutionnaire, pour inciter les publics à s’instruire ou à se révolter.

Tel qu’il est utilisé en France, il s’agit d’un outil de controle social pour lutter contre la drogue ou le racket à l’école. Le but n’est pas vraiment le même.

Accompagner des rénovations de quartier n’est pas loin de cela. J’en ai autant pour le théâtre à jauge tel qu’il se pratique de plus en plus.

Ce qui fait qu’à Chalons, après un survol du programme, je n’ai que envie d’aller voir des fanfares : musicabrass, mazalda, rosa, friture moderne, parce que là je sais qu’il y aura de la vie et des nouveautés. Ce ne sont pas n’importe quelles fanfares non plus….

Nicolas Bourriaud quand il parle d’esthétique relationelle analyse un changement dans le champ de l’art contemporain mais le virus participatif s’est étendu partout.

A tel point qu’il est difficile maintenant de s’assumer comme auteur amenant une forme dans l’espace public. Ringard, dépassé. A la chartreuse d’Avignon on théorise même la fin des auteurs. Tout cela est fort angoissant.

On va tous se retrouver à faire de la médiation à la manière des hotesses dans les jeux télévisés.

Alors moi qui suis un vieux réac, je défend le statut de l’auteur, qui n’a comme seul mérite que celui de réflechir depuis longtemps sur un sujet et d’avoir réussi à le mettre en forme sans utiliser toutes ces vieilles ficelles pseudo démocratique.

D’ailleurs, la performance, nouvelle mode de l’année, peut se sentir visée aussi, résussé de postures artistiques de l’inconséquence. Bon ça y est, je crois que j’ai perdu tous mes potes, je peux aller me coucher en paix.

En fait je crois qu’on cherche tous les moyens pour éviter d’avoir à assumer une parole et que c’est triste.

Donc moi je mets mes conneries sur ce blog….

3 Messages de forum

  • esthetique relationelle et démagogie participative Le 15 juillet 2010 à 01:04, par Laurent Driss

    "on va faire des trucs avec les gens, d’après ce qu’ils nous disent, ce que nous évoque le quartier…" Adaptabilité, écoute, sensibilité, berk… Tout cela me donne la nausée.
    réactions

    1- dans la posture de celui qui se sent visé

    quoi mais qu’est-ce que tu dis, c’est pour ça que tu n’as pas joué à ce que je proposais cette après-midi (et là tout le monde se sent exclus, sauf ceux qui savent de quoi je parle)

    le spectre du théâtre participatif et social

    Au Maroc, qui représente sans doute un jalon, et non un chalon(s) , châlons, tu sais que ça veut dire transportons, mais là je digresse et ne viendrai pas sur le terrain des festivals et de l’espace public, au fond un marché, un petit monde comme un autre.

    Au Maroc, disais-je j’ai trouvé un moyen de m’inspirer non seulement des lieux et de leur(s) histoire(s), mais aussi des gens, une approche ou une relation s’engage notamment avec le corps et aussi son langage. Et c’est vrai, je n’étais sans doute pas dans une posture d’artiste, j’adoptais plus celle d’un scientifique, d’un reportère, d’un collecteur. Qu’est-ce qu’il en reste ? l’odeur du kif et du vin rouge dans l’échoppe d’un menuisier, 6m carrés.

    La proposition de cette après-midi, qui exécutée dans l’urgence et surtout très peu préparée, passait à côté de ce qu’elle visait ; une approche sensible du territoire par le vivant.
    En quoi est)ce si différent de jouer les sociologues ou bien les architectes ?

    (dans le cadre du fondamental la parole portée sur le sujet ne peut s’établir dans la vision de l’artiste que tu proposes : "je défends le statut de l’auteur, qui n’a comme seul mérite que celui de réflechir depuis longtemps sur un sujet et d’avoir réussi à le mettre en forme")

    Je crois que c’est juste une nourriture

    Mais c’est intéressant de se poser la question, quand le désir de faire plaisir intervient-il ? comment est-ce qu’il se manifeste ? son influence sur l’oeil du créateur ?

    Posons nous la question de la parole que nous avons à porter.

  • esthetique relationelle et démagogie participative Le 20 juillet 2010 à 00:45, par julie lefebvre

    bravo et nous sommes tous des artistes ratés
    qui courent après leur sujet
    en fouillant chez le quidam
    en lui volant ses mots ses palabres et ses poubelles
    (ma voisine est uen ordinaire raciste racornie _ demandez à Abi_ mais c’est sûrement une poète si elle évoquait son premier amour après quelques…entretiens…)
    parce que la vie
    celle des gens
    est beaucoup plus intense et ordinaire
    que tout ce qu’on pourra créer
    même dans la rue
    qui est un espace légitime pour créer quelque chose de la vie… pourtant

    et les paroles des quidams
    les mots des quidams
    la recolte…
    sont signés par qui ?
    pas par eux…
    les quidams…
    ils se sont juste fait pomper en répondant aux questions de l’artiste
    qui a Décidé Dans sa Démarche
    de venir leur extraire le jus car c’est là qu’il est le meilleur…
    frais…authentique…innocent…brut
    "toute une Esthétique "dit l’ARtiste
    quidams, mes muses, mon inspiration…
    alors que le sien (de jus-d’artiste) bien fermenté menace de faire peter la bouteille…Ca fera de l’ANIMATION.
    HaHA.
    Pas si simple de démêler le grain de l’ivraie…
    Et pour la performance en tout cas en ce qui concerne les miennes aussi que celle de mes associés dont tu fais partie sache que nous entreprenons une VASTE mission de désintimidation du grand public face à la virtuosité et qu’il est temps que les grosses danseuses et les mauvais musiciens se montrent pour leur propre plaisir
    et pour que les specateurs
    (je peux encore dire spectateurs ?)
    puissent se moquer d’eux
    avoir honte pour eux
    ce qui est déjà une bonne raison de rire (encore) aujourd’hui
    amuser
    HahHA

  • esthetique relationelle et démagogie participative Le 25 juillet 2010 à 11:08, par elo

    tu parles trop. A quand l’action ?

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