rencontre du YES theatre. 500 m entre le bureau et l’équipe artistique. ici c’est encore l’administrateur qui me présente la structure, "manager" comme ils disent. toujours des fond internationaux. comment les enfants sont l’alibi des arts vivants dans les pays en conflit. pour leur développement. les ong ou la poule aux oeuf d’or. 8 salariés permanents à l’année (3 dans l’équipe artistique, 1 technicien, 4 au bureau). des cachets pour les artistes en bonus. luxe. un théâtre modeste mais un lieu tout de même.
le fait de ne pas arriver avec un projet clef en main est bienvenu dans ce contexte colonial. mais. arriver ici me confronte à tous les aspects compliqué du contexte : politique, culturel, psychologique, sociologique, philosophique, financier…. artistique hors des sentiers battus impossible on dirait.
les bons conseils. elle connaît bien les subtilités des cultures arabes et européennes. prévenante du bon déroulement des opérations, elle me donne quelques clefs.
ne pas dire je ne sais pas. ou alors bien le présenter comme un choix sinon il ne me prendront pas au sérieux. le doute est très mal perçu. la crédibilité de l’arrogance ? la liberté n’a rien de léger ici. la puissance manichéenne du poids de l’image est un désastre. en tant que femme, exposer sa culture européenne revient à véhiculer une image de sexe à emporter. moi qui croyais être habillée de circonstance, je couds rapidement mon décolleté apparemment trop limite. pour avoir un rapport professionnel de circonstance : ne pas fumer, ne pas parler de boissons ni de sortie nocturnes. les femmes parlent très rarement aux hommes alors de là à les diriger… il n’y a d’ailleurs pas d’actrice au théâtre. hébron est la ville la plus conservatrice de cisjordanie.
prendre en considération les suceptibilités du metteur en scène Hiab qui m’a bien l’air caractériel. frotter les milieux est plus difficile que ce que je pensais. si je ne présente pas ma pratique comme quelque chose de radicalement différent, le cher monsieur pourrait se sentir critiqué et pourrait se braquer. toujours lui dire que ce qu’il fait est formidable ! le comble de l’hôte. mais où placer le rapport de force dans la rencontre ? la stratégie diplomatique consiste à inviter ces messieurs à une rencontre sur les arts de la rue.
> comment utiliser l’espace sécure dans le respect des traditions et de la culture locale ? présenter les challenges et les techniques propres aux arts de la rue (oulala où je m’embarque là….) peut être proposer un début de travail – mais sans leur faire peur. donc ne pas aller dehors. je me sens pieds et poings liés et j’ai envie de tout balancer. lutte compliquée du matchisme.
bon faire quelque chose ici semble vraiment difficile dans ce climat de fragilité psychologique collective. les gens sont tellement suspicieux dans la rue et le climat est tellement tendu que le moindre écart de conduite est subversif et politique. dans tous les cas il y a des soldats armés jusqu’aux dents sur les toits.
savoir amener les choses. je me rend compte que je ne peux vraiment pas parler le même langage. déplacer le curseur de la banalité vers le subversif.
je suis partie de chez samir pour aller une nuit chez Paolina, l’italienne. la voisine palestinienne leur rend visite avec ses deux enfants. elle doit avoir 22 ans. elle étudie l’arabe.









