Beton qui dégueule tout construit de grosses pièces, le pont. Ces pièces ont dû se balader sur l’autoroute, en convoi exceptionnel, cortège lumineux à dominante jaune. Des directions locales sur les panneaux, Marseille, Aubagne et Toulon, ni Paris, ni Lyon.
Le pont sous lequel nous sommes.
Je dis "nous" communauté flottante en quête. En quête mais tranquille.
Le mur d’en face. Pierre blanche et sa glycine verte, bien verte, une toison. Indécence végétale. vaguement excité par la glycine bien verte. Vert idéal un peu blondi sur les pointes mais intense.
Etre aussi verte alors que tout est si sec autour (herbes grillées) signifie secret, humidité en dessous, racines profondes vers l’eau qui suinte entre les pierres. Belle exhubérance discrètement balladée par un fond de vent.
Je pense à nous…
Panneau indiquant la direction du silo à sucre et de la C.E.M.E.X…
J’aime silo à sucre, solitude, travail, poudre blanche bien douce qui colle à la peau. Mais au dessus de C.E.M.E.X mon itinéraire change.
Le silo à sucre est une industrie, le sucre raffiné aux solvants, de nuit un parking sous des lampadaires jaunes, arpenté par un vigile et un chien.
Un homme qui me regarde dans les yeux en me disant que ça fait 20 ans qu’il bosse pour la C.E.M.E.X.
Et la C.E.M.E.X fermera sûrement ses portes en laissant des hangars vides et des gens dans la merde, et des images de films surexposées d’une famille réunie autour d’un plat de poisson pané et des tas d’enveloppes de courrier-type du pôle emploi. C’était pas loin du silo à sucre après la gare maritime d’où part le navire HABIB pour Tunis. 6juillet 14h30 34degrés. Et le BONAPARTE pour Bastia, forcément. Et tous les autres navires qui ne veulent pas dire que vacances mais dockers.
Un dernier coup d’oeil pour se dire que c’est le fatras et les ordures au bas du mur qui parleront le mieux…
Les aires de jeux pour enfants sont nulles et désertes place Saint Henri, elles n’inciteront jamais au jeu mais à l’abandon qui est sûrement un jeu aussi en soi, voire même à la destruction ce qui nous fait nettement plus kiffer, espace vandales et à vandaliser.
La mosaïque de la solidarité est en ruines, j’abandonne, la pensée à repris le dessus, la chaleur étouffante, des écorces de platanes me tombent sur la gueule, je m’allonge sur le banc qui me reçoit très mal, normal la solidarité est en ruines à deux pas. J’ai déjà renoncé à l’inspiration je laisse venir la vaine fainéantise…











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