Enlever les postures de modestie, les fausses hésitations, les figures de rhétorique idiotes, aller droit au but tout en faisant confiance au jeux théâtral qui fera vivre tout ça. J’appelle ça lever les lièvres.
J’adore et pourtant je trouve qu’il manque une lueur à mon texte après tout ce nettoyage, quelque chose qui aurait disparu…Du mal à trouver quoi. A retrouver le squelette on s’aperçoit qu’il tient mal debout…
Et puis Eric me pousse vers quelque chose de burlesque, loin de ce vers quoi je vais naturellement. Il faut bien reconnaître que cela aide à rendre le texte compréhensible, appréciable. On tire des grosses ficelles, un peu de facilités, mais c’est efficace rapidement. Même si nous sommes loin des abstractions que je me raconte dans ma tête…
L’intelligence est elle d’être radical et incompréhensible ou de trouver comment faire passer ce que l’on veut dire ?
Etonnant comme je croyais avoir résolu ces questions depuis longtemps et comment je me les reprend dans la gueule !
Je me fais valdinguer intellectuellement en tout cas, peut être de la manière la plus forte depuis le début de cette formation, et ça fait du bien.
Et puisqu’il faut parler du contexte aussi, ici c’est moyenne montagne, brame du cerf, Marcel-Bakou le perroquet, travaille assis dans l’herbe au soleil, en confiance, bonne nourriture de Loren, attention bienveillante de Guillaume, petite équipe de névrosés et de pervers (brame du cerf aidant), habitants du village heureux de venir boire l’apéro avec nous.
Sinon, on a vu le dernier spectacle de ZUR, qui comporte tout les défauts d’écriture liés à un travail collectif : manque de choix, amassement de propositions, complaisance à ne pas savoir dire non, etc…Pas un si mauvais moment mais l’impression de voir un cas d’école. A priori c’est aussi lié au fait qu’il s’agit d’une des premières du spectacle…
J’ai lu le dernier Houellebecq aussi, la carte et le territoire, une manière d’être dans le sujet, mais que du vide, du cynisme, de la complaisance, une pensée de droite glauque et auto-centrée, je comprend que les médias actuels en fasse leur model…Aucune réflexion sur les notions de carte ou de territoire, évidemment, mais des milliers de pensées creuses sur la modernité qui se prétendent intelligente.
Heureusement après j’ai lu Tristes Tropiques de Levi-strauss, qui m’intimidait depuis très longtemps, et c’est facile à lire comme un roman d’aventure, intelligent comme un bouquin de philo et beau comme un poème. Tout le contraire du blaireau dont je parlais juste au dessus. Et j’ai eu l’impression de gagner dix ans.
Quelques autres bouquins aussi mais je fais pas une liste trop complète sinon vous allez croire que je n’ai fait que lire pendant ces trois semaines. Desproges, Olry, Rayazone, Soulaïeva, Malghem…Bonheur d’avoir un peu du temps et de la solitude pour m’adonner à mon activité préférée…
On a aussi calé une semaine pour le mois d’Avril en résidence au Lieu Noir pour travailler les Slips (titre provisoire) et je crois bien qu’on sera cette été dans les festivals….
Et la semaine prochaine je pars au Kirghiztan avec Elsa… La vie continue, c’est du bonheur.









