Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
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Viterbo, la foule et Santa Rosa

vendredi 15 janvier 2010, par elsa vanzande.

Il trasporto della Macchina di Santa Rosa è la festa viterbese per antonomasia, dedicata alla patrona Santa Rosa, vissuta nel tredicesimo secolo, la cui memoria è rievocata dai viterbesi attraverso una manifestazione unica al mondo, esaltante, quasi indescrivibile per la sua bellezza, spettacolarità ed emozione.

Il y a des jours qui ont leur ville et des villes qui ont leur jour.

Incursion macroscopique à l’échelle d’une ville qui vibre.

Dans sa chair, dans son corps incarné par une foule, par une foule qui prend corps dans cette ville

Viterbo – Italie

10 – 9 – 8 – 7 – 6 – 5 – 4

3 septembre

Il trasporto della Macchina di Santa Rosa, sainte et patronne de Viterbo

Les rues se remplissent lentement, progressivement mais sans discontinuité

Les rues se chargent, ce ne sont plus des gens

Une foule n’existe pas encore qu’elle existe déjà

À peine commence-t-elle à se former, elle est aussitôt une masse en devenir

Infailliblement

Une foule a un corps, façonné par l’agencement des rues

Ainsi, la foule de Viterbo lui est propre, et ne sera la foule d’aucune autre ville.

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Viterbo, vous, au fond,

Vous n’en savez rien,

Vous êtes juste là

Tendez l’oreille, derrière le brouhaha général, peut-être le son de la fanfare qui défile dans les rues annonçant le début imminent de la procession

Percevez la tension qui s’installe doucement, la foule qui se contracte, la montée d’adrénaline

Ressentez-la d’autant plus fort que vous êtes juste là, à la fois partie prenante et élément extérieur ; vous faites inexorablement partie de la foule, vous en êtes une des cellules et en même temps, membre greffé, corps étranger

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La foule de Viterbo a une respiration

Elle inspire, expire, comme un seul corps, un tout, un être, unique et vivant.

La foule a des émotions, elle retient sa respiration

Elle n’en a qu’une et son souffle se suspend

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3 – 2 – 1 – 0

Il ne reste rien

À part des vendeurs de pizza et de glaces

Puis la ville se vide

Il ne reste rien

À part le souvenir de cette apparition finalement si fugace, du gigantisme illuminé, des 30 mètres de verticale qui avancent en vacillant, effleurent les façades, tournent sur eux-mêmes et sur la place de la mairie

Il ne reste rien

À part un résidu d’énergie qui flotte dans les airs

Énergie déployée pour faire exister ce moment

Énergie dégagée par le vécu du moment

À part la beauté vraie de l’émotion de la foule

Il ne reste rien à part le regard posé sur les Facchini, les porteurs de la sculpture, des hommes, 100, de Viterbo depuis au moins 3 générations, qui répartissent sur leur dos le poids de la tradition, 5 tonnes

Il ne reste rien à part la sensation de la foule dans son entier, concernée par la sculpture, la ferveur, la dévotion, les Facchini en représentation du peuple pour nous rappeler que c’est bien humain de s’écraser sous la foi et la communauté

La sculpture pénètre la foule et une vague de plaisir la submerge

Elle a bon dos la vierge sainte

Il ne reste rien à part l’adhésion sans réserve et le rejet viscéral

Il ne reste rien à part cette étrange ambivalence.

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