Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

Accueil du site > Promo 2007/2009 > Faiaroscope > Boueb > DECEMBRE 2007 > UN TEXTE DAR-DAR

UN TEXTE DAR-DAR

Soyons heureux, charitable, généreux !

jeudi 20 décembre 2007, par Boueb.

Joyeux noël et bonne année…

UN TEXTE DAR-DAR !

Cabri, chapons, dindes, joyeux noël ! Foie gras, oies, canards, volailles, et bonne année. Huîtres, coquilles saint jacques, marron, champagne, vin blanc, rouge, armagnac. Eventuellement, haricots verts, pommes de terre. Immanquablement bûche, assiettes plates, creuses, petites, à dessert, décorées, petits et grands verres. Joyeux noël et bonne année ! Soyons heureux, charitable, généreux !

Orange et chocolat ? Non, non, non, non. Soyons heureux, charitable, généreux ! Dé-pensez vous, dépensez tout, foutez vous de tout, les dindes vous emmerdent. De la croissance à la croyance, il n’y a qu’un sifflement suscitant : cent sous. Si tu ne donnes pas ta monnaie au curé, tu ne peux pas éviter de tout lâcher à Edouard Leclerc, FNAC, ou Carrefour, … positivons : en moyenne, nous, mes chers compatriotes dilapidons 600 euros pour les cadeaux. Alors « ON » trouve que « c’est trop, que mince alors, zut quoi c’est vrai à la fin, on bosse, on se fait chier, et quand arrive l’heure fatidique, incontournable et obligatoire d’être heureux, charitable, généreux : on craque tout notre blé, et celui qu’on a pas et celui qu’on aurait bien gardé pour être heureux, charitable, généreux au moment où on le voulait, que merde tiens, si c’est ça, je manifesterais mon farouche mécontentement et lutterais vaillamment pour mon pouvoir d’achat ». Et Edouard Leclerc et ses amis seront contents. La lutte du « gagner plus pour dépenser plus » profitera à ceux qui en font, du profit. Je positive.

Comment se fait-il que le bonheur conventionnel m’hérisse les poils ? Je sens un stress ambiant : « pourvu que ça soit réussi ; pourvu que ça lui plaise ; pourvu qu’il me trouve inventif, pertinent et généreux ; pourvu qu’il ne sache pas que ça ne coûte que 2 euros 40 chez le soldeur du coin ». Dans le tram une femme disait à sa collègue : « maintenant, dans la famille, on ne fait plus que un cadeau chacun, donc chacun aura un cadeau, entre 40 et 60 euros. Bon, moi j’ai trouvé un magnifique livre pour mon frère à 75 euros, ça va beaucoup lui plaire, je crois ». Elle fait sensiblement augmenter la moyenne familiale, monter sa cote de popularité et baisser honteusement la moyenne nationale la vilaine. Et la croissance, et les chinois ? De quoi se figure-t-elle que vivent les autres ? Ignorerait elle que sa confortable précarité stable et assumée rapporte gros en fin d’année ? Soyons heureux, charitable, généreux !

On peut le voir plus simplement, c’est l’occasion de prendre des vacances, de voir ses amis et sa famille, de picoler un peu, de se faire plaisir. Une nouvelle année commencera bientôt. Vivement Noël 2008, pour un voyage imaginé dans un pays non occidental où le père noël n’a pas accès. Malheur à moi, je serais là le 1er avril prochain : Soyons drôles, poissonnons, polissonnons et canulerons, tous en même temps puis STOP : redevenons à la morne norme ; ce qu’il y a de plus con, c’est que ce sont des fêtes collectives que l’ont fête individuellement. « Alors c’était bien Noël cette année ? » - « Oui, bien sûr ! Soyons heureux, charitable, généreux ! » Les dindes vous emmerdent ! Ces instants-valeurs sont institutions et con-ventions, parce que cela serait troublant d’avoir de l’humour tout le temps, gênant d’être constamment heureux, charitable, généreux, ou parce qu’on ne le serait jamais, et que tous en même temps, au moins, c’est marquant.

P.-S.

Pas marrant.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0