Préambule Allez psychologisons, extrapolons, imaginons interprétons radicalisons écrivons on va se faire chier !!!!!!! Premier cri ; aaaahhhhhhhh serais je avec jean George tartare ???!! Ou comment transposer le non choix, la pas le choix, le bon choix, ou le mauvais choix et qu’est ce que le choix ????? Alors j’écoute l’église, une voiture qui passe, un village presque fantôme. Ma vision est elle pacifiste ou guerrière ? Et qui sont ces regards derrière les volets, à qui appartiennent les mots qu’on n’entend pas. Gris blanc rouge vert voici les couleurs comme si tous les villages abandonnés avaient perdu de leur éclat. Que vais-je voir ? Tiens une sorte de chant question réponse de deux oiseaux, des colibris ? On m’a dit qu’il y a des colibris ici. Alors j’hésite j’oscille entre les deux : m’imprégner de la réalité pour la transposer à ma sauce et donner à voir, ou alors rester le cul assis sur cette base de pylône et inventer une histoire pour chacune de mes sensations (ce qui revient d’ailleurs à peu près quasiment au même. La différence, le mouvement. On dirait ici que tout le monde fait une sieste éternelle. Ça vit le soir peut être. Un chien aboi, un corbeau lui répond. Des relents de bouse de vache. Je n’ai pas regardé sur quoi je me suis assise. Pffff j’écris alors qu’il faudrait que je dessine, que je prenne des photos. Que je donne à voir, ahhh donner à voir quelle chose incroyable. Les aboiements se rapprochent masqués par le moteur d’une voiture grise qui passe devant moi. Faire une balade. Que je déteste ce mot synonyme de dimanche en famille. Et une promenade alors est ce pareil ? Une balade, une promenade. Il fait bon ici, on entend les feuilles, la route qui crie, les branches du palmier bonzaï frottent au vent et un autre moteur, diesel celui-ci, avec un homme en casquette noire au volant. Pacifisme ou guerre. Quelles guerres ont eu lieu ici, entre ces gens, quelles amours, quelles déchirures. Et ce questionnement vient il illustrer ce que je vis à me trouver en ces lieux, du vert partout, de la verdure, une chose si fragile viendrait elle rompre mon écorce urbaine ? viendrait elle à ce point remuer la sève ? Il va falloir que je la fasse cette promenade.pro-nomade, mot qui symbolise un travail sur le territoire. Etre pro-nomade cela ne signifie t’il pas être à proprement parler sans territoire…dans la logique tout ça se recoupe. Et voila j’écris. Aurais je du choisir le brame masculin plutôt que la verte montagne ???J’aime le lézard tiens oui si mon animal devait être totem, ce serait le lézard. Ce calme me fait vouloir être immobile, est ce alors dans le mouvement qu’on trouve le vécu ? Le ressenti ? le mouvement permet t’il de s’ouvrir à une sensation insufflée par surprise, un vecu ressenti de manière organique ? là, je suis au contact de l’extérieur et je ressens, alors à quoi sert le mouvement ? Partons, marchons un peu car il le faut, nous sommes là pour faire une balade. Mais selon des règles que j imagine, qui viennent balayer celles issues de mon interprétation de la consigne de base Selon mon envie profonde. Allons à la rencontre de nous même dans les méandres secrets de ce qui nous constitue tous, la nature. On se croirait, quand on tourne la tête à droite, dans le village d’Heidi. Je fais 20 mètres et je tombe sur un mur décrépi. Alors deux choix (et oui ça n’arrête jamais) continuer ou passer trois pages à parler de ce mur ? Le maire vient de s’arrêter pour me donner deux figues fraiches. C’est quoi un paysage, c’est ce que l’on voit ? C’est ce que l’on ressent à voir les choses ? Ce mur, rouge rose sable et ses déchirures blanches. Déchirures pourquoi ? Impacts de balles ? Manque d’argent ? Abandon ? À ce rythme je serais au bout de la rue dans trois heures. Je mange une des deux figues. Un délice, une saveur qui vient casser le mur par son contraste. Du gout, de la vie, l’arrêt sur image. Chaque détail ici, chaque fissure dans ce silence pourrait faire l’objet de palabres. Deux femmes se croisent, l’une des deux cherche son chien des Pyrénées ça ressemble à ….. Marie Thérèse vient interrompre mon écrit « Vous faites quoi ? » « J’écris » « Vous écrivez quoi ? » « Ce que je ressens » « Sur quoi ? » « Sur ce murs là en face, ces maisons….. » Une demi heure plus tard et quelques secondes de 89 ans de vie partagé je prends le chemin de l’église et marie Thérèse celui du monument aux morts. Je croise des talons, une moto, un « à tout à l’heure » balancé à la volée à la moto qui passe. Une voiture, le bruit d’un vélo, tiens c’est le joggeur de ce matin il appelle sa femme. Il est bientôt 16h30, j’ai fait 30 mètres Croisé le maire avec ses figues/ marie Thérèse et son chien Black (qui va surement croiser d’autres apprentis qui la questionneront peut être à leur tour)/écouté les oiseaux, les voitures, une moto, des talons, un vélo….. Et bien pour un village abandonné c’est plutôt pas mal sur 30 mètres.
Je file à l’église parce que l’on ma dit que le paysage est beau. Et tous nous faisons la même chose : une balade… La rue dans laquelle j’arrive est une impasse. L’église est elle au bout ? Marie Thérèse travaillait à la ferme qui se trouvait à la place de la salle des fêtes. Elle a 89 ans et elle s’ennuie. Que voudrait elle pour ne plus s’ennuyer ? « Oh rien bof à mon âge » « vivre ça me va » voila alors ça c’est dit. Je croise Maël qui lui-même a croisé un chat mort à l’herbe putréfiée. Un chien roux aboi cela pourrait être le début d’une histoire nocturne qui se serait passée il y a longtemps ici. Marie Thérèse me dit que les maisons se vendent que les gens ne rentrent que le soir ou viennent ici « parfois » que sur les 4 maisons que je lui montre du doigt, 2 ne sont qu’occasionnellement habitées et 2 sont en vente dont 1 en attente. Et tout ça sur 30 mètres. Allez je tente la rue au chien roux il fait beau c’est cool, c’est dingue le nombre de voitures par ici. J’ai abandonné l’idée de passer devant le chien roux le laissant victorieux, contournement, détournement, je comprends pourquoi la rue est appelée impasse. Trous, planches déchirées, toiles d’araignées route qui monte vers le seigneur, me voila à l’église. De la haut plus près du ciel c’est sur on entend mieux les voitures. J’ai croisé dans les sous bois des branches qui bougeaient, surement un « collègue » qui explore, ou Maël qui cherche l’arbre à chats. Ici cimetière, tout petit, je rentre je ne rentre pas, le christ, et puis l’église, le christ vert en bronze peut être avec juste la moitié de son écriteau. La cloche me casse l’oreille gauche de son petit marteau qui vient la frapper, la cloche pas mon oreille gauche, quoi que le résultat eu été assez similaire. Allez cimetière, Aujourd’hui je ne rentre pas. Il y a une pierre qui bloque la grille bah non je ne l’enlèverai pas. Et là je me dis que la prochaine fois je choisirai l’écriture je préfère l’écriture aux balades bien que la balade me fasse écrire….mais, Je changerai peut être d’avis au cours de la journée









