Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
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Porter un masque et le montrer.

lundi 21 décembre 2009, par Mathurin Gasparini.

J’en ai déjà parlé mais enfin, que dans les premières semaines de la formation, trois metteurs en scènes (Alexandre del Perrugia, Serge Noyelle et Jean Georges tartare) nous définissent l’art par le fait de porter un masque tout en le montrant, je trouve l’occurence assez forte.

En interrogeant Jean Georges, il m’assure que cette formule vient de ses propres reflexions et qu’il n’a pas l’impression de l’avoir déjà lu par ailleurs. Mais moi qui adore Barthes (je ferais peut-être une petite fiche de lecture sur lui un de ces jours si j’ai le temps), je me rappelait avoir lu cette phrase dans un de ces essais critiques à plusieurs reprises sans me rapppeler lequel. J’ai cherché dans le quatrième (le bruissement de la langue), à priori ce n’est pas dans celui-là. Le troisième je ne l’ai pas lu, le deuxième est à la bibliothèque et je ne l’ai pas sous la main. Dans le premier, essais critiques, j’y ai trouvé deux occurences :
- Page 106 : "(…)il s’ensuit que notre litterature est depuis cent ans un jeu dangereux avec sa propre mort, c’est à dire une façon de la vivre : elle est comme cette héroïne Racinienne qui meurt de se connaitre mais vit de se chercher (Eriphile dans Iphigénie). Or ceci définit un statut proprement tragique : notre société, enfermée pour l’instant dans une sorte d’impasse historique, ne permet à sa litterature que la question oedipéenne par excellence : qui suis-je ? Elle lui interdit par le même mouvement la question dialectique : que faire ? La vérité de notre litterature n’est pas de l’ordre du faire, mais elle n’est plus de l’ordre de la nature : elle est un masque qui se montre du doigt.(…)"
- Page 131, à propos de Zazi dans le métro et donc de Queneau : "(…) il sait qu’on ne peut "démystifier" de l’exterieur, au nom d’une Propriété, mais qu’il faut soi-même tremper tout entier dans le vide que l’on démontre ; mais il sait aussi que cette compromission perdrait toute sa vertu si elle était dite, récuperée par un langage direct : La litterature est le mode même de l’impossible, puisqu’elle seule peut dire son vide, et que le disant, elle fonde de nouveau une plénitude. A sa manière, Queneau s’installe au coeur de cette contradiction, qui définit peut-être notre litterature d’aujourd’hui : il assume le masque litteraire mais en même temps il le montre du doigt. (…)" Si certains parmis vous en trouve d’autre, chez Barthes ou ailleurs, je serais interressé de savoir d’où viens cette formule. D’autant plus qu’elle me parait bien importante actuellement, y compris avec le sens qu’y donne Barthes. Merci.

2 Messages de forum

  • Porter un masque et le montrer. Le 26 décembre 2009 à 23:09, par Laëtitia Cordier / www.lesdixchats.com

    Porter un masque tout en le montrant ? ou porter un masque pour mieux se montrer ?

    • Porter un masque et le montrer. Le 27 décembre 2009 à 12:32, par Mathurin Gasparini

      Porter un masque pour mieux se montrer évidemment, mais ne montrer que le masque, dialectique infinie…..
      La qualité du masque est elle liée aux dessins qu’il y a dessus, à sa qualité de transparence, aux desseins qu’il cache, à son opacité ou à la manière dont on le désigne ?
      Ou alors à ce qu’il nous permet de dire une fois caché derrière ?
      Sans doute tout cela à la fois, mais quoi d’autre encore ?

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