Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
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Peut-être quelques éléments de réponses…

Concernant mon absence Marocaine !

jeudi 24 juin 2010, par Mathurin Gasparini.

Il se trouve que je sortais d’un mois avec Armand Gatti. Une des choses qui m’intéresse chez lui pourrait se définir comme une « éthique de la rencontre », la manière de venir vers des gens pour travailler avec eux. Rester sur ses positions, laisser les gens sur leurs positions et chercher ensemble, une sorte de parallèle. Avec tout de même deux questions : « qui je suis » et « à qui je m’adresse ». Éthique de respect, de force de proposition artistique, liée à une pensée anarchiste du monde. Se tirer ensemble par le haut.

Au Maroc nous avons fait exactement le contraire : chercher des points communs pour jouer ensemble. Trouver le plus petit dénominateur commun on l’on se retrouve ensemble. Cela m’a complètement désarçonné. Je n’ai jamais aimé les colonies de vacance et les jeux de scout. J’exerce face à ces jeux là mon droit de retrait, c’est ce que j’ai fait involontairement durant une grande partie du fondamental. J’allais écrire séjour tant cela ressemble pour moi à un camp de vacance.

Il ne s’agit pas de jugement qualitatif, je n’ai d’ailleurs compris cela que durant le retour en camion, mais je crois qu’il y a quelque chose de cet ordre-là. Et je crois que cette réflexion est loin d’être complètement inintéressante.

Et aussi l’envie d’être avec ma fille et le cerveau pris par la question « qu’est-ce que je ferais avec elle ici ». J’aurais aimé qu’elle soit là, partager tout cela avec elle, peut-être une autre fois.

Il est 16h sur le bateau de retour, plus que 16h avant d’être à Barcelone, je vais faire la sieste je crois.

3 Messages de forum

  • Peut-être quelques éléments de réponses… Le 25 juin 2010 à 01:13, par lolo

    L’expérience de Marrakesh fut basée sur tout autre chose que la rencontre de deux groupes. Moi à Marrakesh, j’ai rencontré le Maroc du sud, pris d’assaut par les "toutristes" jambes roses cheveux blonds, j’ai rencontré quelques marrakchis, j’ai connu quelques beaux échanges, La medina un micro, pas là pour acheter, du temps à gagner, s’installer dans l’échoppe d’un menuisier et parler avec un de ses amis, odeur de bois, de vin rouge bon marché, la voix éraillée qui ne fait pas de bruit, la pipe de kif, sa vie, Jemma el fna, …
    Mais pas de misère bidon, j’y ai vu beaucoup de démerde, d’intelligence pratique, économique et même sociale, (à l’échelle de quinze jours sur une médina bien grande et des jambes fort courtes)
    J’y ai découvert un centre d’intérêt, amis peut-être suis-je influencé par mon marocain mythologique
    Quoiqu’il en soit, j’ai envie d’y retourner, de creuser ce terrain là, d’apprendre de cette société un art d’être ensemble, je sais pas, je crois avoir quelque chose à trouver là-bas.
    J’ai l’impression Mathurin que tu avais le cul entre deux chaises, sous la fesse gauche le désir de regarder, sous la droite le devoir de jouer. Peut-être qu’il faut oser s’écouter, et prendre la place que le désir intime.
    Pour moi, ce voyage est peut-être le passage à l’âge adulte, d’un point de vue professionnel. On m’a posé dans une ville, face à une place, on m’a dit "regarde et dis-moi quoi". C’était intéressant de partir comme ça de rien, ç’eut été plus intéressant si nous nous eussions documenté préalablement. C’était une rencontre avec soi, sans mentor sur le coup, mais un ralentisseur, comme pour te mettre dans le rythme du pays, mais en fait c’était plutôt un détourneur chronophage.mais très sympathique.
    bon je vais aller écrire un vrai article.

    • Peut-être quelques éléments de réponses… Le 25 juin 2010 à 15:11, par mathurin

      Et oui, chacun des groupes a vécu des choses fort différentes.
      Je ne crois pas que le cul entre deux chaises dont tu parles soit celui que j’ai vécu, peut-être plus ce dont je parle (difficulté de rencontres) et difficulté face à la proposition d’Alexandre, décalé face à la situation. Par contre, j’étais très heureux d’être à Salé, Douar Mikka, loin de toutes cartes postales, de tous touristes et de tous magasins de souvenirs. Ca c’était le meilleur du voyage.
      Mathurin

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