J’ai vu quelqu’un dire : "Ce qu’il vient de dire est trop compliqué, je suis désolé, je ne peux pas le traduire."
Passer d’une langue à une autre, d’un esprit à un autre, d’un fantasme à un autre.
Le fantasme c’est la façon dont on croit au réel, c’est la réalité.
Je parle pour dire ma vérité. Mais qui me demande ma vérité.
À part moi. Le monde réclame juste la paix et les eaux calmes de l’indifférence qui se suffisent d’elles-mêmes.
Lorsque tu me parles mes yeux observent tes lèvres qui bougent sans comprendre au delà de cette chorégraphie autour du trou autour du souffle.
Et le monde souffre de tant de mots.
Et moi.
Je ne te fais pas confiance.
Nous sommes nos propres traîtres à croire que l’on sait ce qu’on dit.
Par ce que l’on vit dans l’évidence d’un sens unique de la circulation des mots. Lignes blanches du code de lalangue, infranchissable compréhension.
Traduction trahison.
Parfois lalangue étrangère nous rappelle que l’on ne sait pas ce que l’on dit et que ce sens nous poursuit bien plus qu’on ne cherche nous-même à le rattraper. Parfois on sent bien qu’on ne fait que deviner derrière les mots ce que les lèvres ont joué. Parfois on sent bien qu’on se trahis nous-même à croire ce que l’on dit, et que ce que l’on dit c’est ce que l’on croit.
C’est bien ça ?
Je ne me fie plus ni aux yeux ni aux mots. Seuls les gestes et les lèvres.
Tradutore Traditore.
C’est ce qui fait qu’on peut se faire confiance : on ne saura jamais ce que l’autre sait. Mais on peut toujours jouer à deviner. C’est sacré.










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