[…] Mais c’est quand j’entre en ville que je me rends compte soudainement que la vie aussi a ses tableaux suspendus, ses galeries privées, Ses Vermeer et ses Hopper peints dans les réverbérations du printemps, dans les aubes incinérées des ouvriers agricoles et des journaliers, dans le fond d’orgeat qui stagne dans le fond de tous les verres .
Que la vie aussi a ses jardins à l’italienne, disséminés entre le béton armé, la lèpre et le savoir-faire. La vie a tout . Il lui manque seulement une chose : la chambre noire, ce petit mais fondamental engin qui développe les négatifs de nos prémonitions.
Je me demande alors si je dois prendre exemple sur le Monsieur à la barbe, qui passe son temps avec des charades, des rébus et des mots croisés sans schéma.
Il faut cependant une grande force, un fameux courage, pour tuer le temps Parce que c’est le temps qui du jour où il s’est présenté nous blesse à mort et ensuite nous met en rang sur ses terrasses panoramiques, comme du linge étendu qui ne sèche jamais.
Il conviendra sans doute de s’habituer au battement continuel des portes, sans qu’il y ait le moindre vent, apprendre à oublier, oublier par cœur, parce que le présent détient plus de nostalgies qu’il n’en montre, parce que moi et ce long sillage de têtes marchantes qui descend du métro sommes seulement un ensemble de parties qui ne forment pas un tout, mais une autre énième partie. […]










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