Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Novembre 09

extraits de carnets

jeudi 26 novembre 2009, par Mathurin Gasparini.

Je ne suis pas certain que tout cela ait un quelconque interet (bien moins que Deleuze en tout cas) mais enfin, si il y en a que ça interresse…

Lundi 02 Novembre A Aurillac après un week end avec Solea, musique indienne, piscine, pique nique à Saillans et promenade à Montclar. Journée trajet avec ma voiture et Elsa, Laurent et Nadège. Bouffe au resto, vin rouge, baby foot au château de Tronquière avant d’attaquer demain. Ali Salmi, Pablo Cueco et Myrtha Pozzi, bien bien bien. Hier soir, soirée de la mort qui tue au kiosque du Transe, Gang of gigors et les dead Sarkozys, plus Gilles et Brigitte dans un grand numéro de boite et sabre très bien fait, bravo les anciens. Vu tous les copains quasiment ce week end, content.

Mercredi 04 Novembre 01h du matin, dans la piaule avec Laurent, on vient de parler de ce truc écrit, aujourdh’ui, grosse journée encore, gueule de bois, énergie faible mais bien quand même, rythme, danse, corps, des choses que je connait un petit peu. Penser à appeler Solea demain. Difficulté toujours, de penser à moi. Me sens ,bien dans le groupe, moteur, force de proposition, il se passe des choses entre nous. J’aime. Musique ce soir, mickael Jackson, bon !

Jeudi 05 Novembre 20h12, dans ma piaule à Tronquière, manoir de résidence à Aurillac, je la partage avec Laurent, grand sourire impressionant d’animalité cette après midi. On a bossé dans les champs avec Ali Salmi, grand danseur, tracés des lignes dans l’espace, experimentés les positions, beau mais beau ! Du mal à tenir des choix, tendance à partir dans tous les sens, ça c’est ma petite auto critique. Impression de pas être trop largué quand même. Ce week end, je vais avec Julie chez ses grand parents, ça risque de valoir le détour. On m’appelle à table, ce soir projections de films de Ali.

Vendredi 06 Novembre 21h45, à château Tronquières, après manger, on n’est que onze ce soir (10 plus le copain de Nadège), impression de calme. Journée physique encore, courbatures, ça fait pas trop de mal. Certains en ont repris une heure ce soir, baleze. Demain, grands parents de Julie.

Samedi 07 Novembre Matin à Tronquières, levé tard et lentement, besoins de prendre le temps après cette semaine de course. Ambiance calme mais froide et humide, pluie, fenêtre restée ouverte toute la nuit. Discussion du matin, Julie lit le même livre que moi en ce moment (chloé Delaume, les mouflettes d’athropos), étonnant, personne n’en parle en ce moment pourtant. Maus traverse la pièce habillé dans un drap, comme un fantôme, drôle dès le reveil. Joué de la musique avec lui hier soir encore, très cool, on va arriver à faire des choses jolies je crois. Devoirs du week end, écrire un spectacle d’une minute, devant une cathédrale, qui finisse au douzième coup de minuit, pas d’idées encore, j’aurai aimé faire ça ce matin, tant pis pour moi.

Dimanche 08 Soir, retour à Tronquières, tout le monde calme, Emeline et Maus bossent sur leurs ordi, Arnaud et Anne préparent à manger, Elsa est partie chercher Abigael à la gare. Les autres je sais pas. Week end très cool avec Julie, chez ses grand parents à Brives la Gaillarde. Belote, bonne bouffe, picole, grand humour, des grands parents bons vivant et droles. Ce matin foire du livre, acheté un bouquin pour Solea et un pour moi (les fêtes du début du siècle). C’est reparti pour une semaine de danse et percu.

Mardi (mercredi) 01h du matin. Tout le monde couché, moi pas sommeil encore. Journée physique puis bonne bouffe puis accordéon avec Anne ce soir, tous les autres très studieux devant leurs ordis puis dodo, moi pas sommeil….

Vendredi 13 Novembre 0h19, château Tronquières, Aurillac, deuxième semaine pliée. Fatiguant mais bien quand même. Travail de corps beaucoup, ce matin, marcher au mur, les appuis horizontaux, génial, percu, courbature, fête mercredi soir, rencontre avec l’administrateur d’Aurillac hier soir, fini tard encore, ce soir calme, seulement cyrille qui lit Libé et Nadège sur son ordi. Eu Solea au téléphone tout à l’heure, elle a l’air d’aller bien, va au cirque ce week end, elle a commencé la psycho motricité, contente de me parler et de la carte que je lui ai envoyé. Très bien, j’en avait presque les larmes aux yeux. Le reste de l’équipe arrive en chantant : « c’est l’apéro », ils sortent d’une séance d’entrainement danse et musculation, je vais les aider un peu….

Samedi matin (midi !) Hier soir, mangé puis joué un peu d’accordéon puis Laetitia m’a branché pour sortir dans Aurillac avec elle. On a retrouvé Ali dans un bar (l’arrosoir) puis on est allé dans une boite de nuit deserte où on a dansé jusqu’à quatre heure du matin. Avec un petit relachement pour moi sur la fin. Mais on a bien rigolé. 17h42, Après midi un peu chiante, je n’arrive à me mettre à rien, fatigue de la veille, silence interieur, pataugeage dans les méandres internet et personnels.

Dimanche 15 Novembre Midi, château Tronquières, calme, chacun sur son ordinateur, je viens de pondre un petit texte pour le blog que je trouve pas si mal, la notion d’univers, l’altermodernisme, Nicola Bourrieaud. Cette après midi on a envie avec Cyril d’aller improviser danse dans les rues d’Aurillac. J’ai encore pas mal de choses à faire pour la fai ar, petite liste :

Ce week end :
- Première page de conducteur de spectacle pour Pablo et Mirtha.
- Conduite en groupe, spectacle de 24h dans un jardin.

Plus loin dans le temps mais à avancer quand même…
- Organiser l’immersion aventureuse (stage d’un mois), recontacter Jean Jacques Hocquart et trouver un moyens de faire mon stage à La Parole Errante.
- Voyage Imaginé…
- Aventure extraordinaire : vécu, finir d’écrire Avignon 2003, la forme c’est à peu près bon. À vivre : contacté Spencer Tunick, surveiller quand sont ces prochaines photos.
- Alexandre Del Perrugia : récuperer une boite à chaussure, pour ce que je mettrai dedans, je verrai a veille, ce qu’il y a dans ma caravane.
- Jean Georges Tartare : Ecrire, apprendre, répéter, lacher les tripes….Gros boulot.
- Projet personnel : avancer sur l’écriture…

Ben voilà, c’est pas l’horreur finalement quand on liste tout. Ceci dit, ce matin j’ai écrit complètement autre chose, c’est pas malin malin.

Allez un petit aphorisme pour la route : « Ecrire un spectacle, c’est comme braquer une banque, faut etre bien préparé et penser à tout. On peut s’entrainer avant mais on n’a pas droit à un deuxième essais. » Dans le cadre du fondamental Ecriture de spectacle.

19h14 Cette après midi avec Cyril, Anne, Julie et Arnaud, on est allé danser dans la rue en impro totale. Rue des carmes puis square. On a bien rigolé. En rentrant j’en ai monté un petit bout, je suis bien content. Trop cool, j’aimerai bien faire ça tout les jours. Et merci à Ali qui nous a donné un language commun.

Lundi 16/11 Matin (11h00) seul à château Tronquières, ils sont tous allé faire des heures sup avec Ali, moi besoins de me poser un peu. Je les rejoint tout à l’heure. Pas envie de danser ce matin. 17/11Soir, 23h13, journée très fatiguante encore, stress de faire une présentation demain en danse et musique avec des choses que l’on ne travaille que depuis lundi mais enfin, petit filage ce soir, pas mal passé, des propositions construites de la part de chaque groupe. Puis de longues discussions entre nous sur ce qu’on avait vu, pénible, je crois que je deteste parler des spectacles (parler sur les spectacles c’est comme…). Plus que deux jours à Tronquières, on commence à se fatiguer entre nous, normal mais enfin ça se passe bien quand même. En percu on fait vraiment des trucs horribles, ringards mais enfin, avec un peu de coeur ça passe. Il nous manque les costumes en papier crépon. J’espère que jamais aucune vidéo ne circulera. Un petit secret honteux que l’on partage entre nous.

20 Novembre 20h30 Chez mes parents. Je viens de coucher Solea. Fin de résidence bien passée, présentation publique pas trop honteuse (en tout cas assumée), bilan le lendemain plutot bien, les apprentis ont baissés leur niveau de critique (sauf Mael) et c’est bien. Nous ne sommes pas la pour consommer en critiquant. Des discussions dans le groupe sur les pratiques de création collective. Je ne crois plus à ça dans l’absolu mais j’ai lancé la discussion sur le Blog, plus interressant qu’à l’oral il me semble. Malheureusement peu d’entre nous ont une pratique de l’écriture. Je suis souvent un peu tout seul sur ce blog, j’aimerai bien qu’il y ait plus de réponses, de tac au tac. Je vais continuer à provoquer, de toute façon cela ne change rien, je trouve que c’est un bel endroit pour poser des choses. Belle discussion avec Elsa au retour, du genre qui aide à poser les choses, qui va un peu en profondeur, très bon. Reponse de Julie sur le blog, trouver comment faire monter le débât. Beaucoup de choses à écrire cette semaine, pensée sur les artistes qui cherchent (trouvez bordel !), Je n’en peu plus des artistes qui cherchent, qui interrogent la notion de, qui questionnent…Posez vos réponses sur la table, c’est la qualité de la question et de la réponse qui feront le spectacle, qui poseront un acte. Plus le texte pour Jean Georges, plus Avignon 2003, plus présentation spectacle mardi prochain, normalement j’aurai du temps dans la semaine, cool.

Dimanche 21 Novembre 21h37 chez Marie et Philippe. Jean Louis Cros, un vieux copain du Quebec de Philippe passe la soirée ici. Sympathique, musicien, vieux baba. A midi, fête à Saillans, les marionnettes géantes, le Taraf des trois becs, magique. Après midi, Solea très fatiguée, dormi deux heures puis très cool. Pas mal écrit finalement ce week end, content.

Lundi 22 Novembre Retour aux abbatoirs, l’ensemble n’a pas changé, mais les gitans sur l’esplanade ont laissés la place aux arabes avec 300 moutons qu’ils s’appretent à égorger pour l’Aïd El Kébir, j’aimerai beaucoup filmer cela. Je suis allé les rencontrer, y aller tout doucement pour ne pas les effaroucher. Je ne sais pas si c’est une très bonne idée et si ils l’accepterons. Scandale que la mairie ne leur donne que cet endroit là, sale et poussiereux, pour tuer les moutons. Eux, ils s’adaptent. Comment parler de la mort, de la barbarie humaine, sans les mettre en cause ? Barbarie n’est pas le mot juste, réalité est bien mieux. Après-midi ensoleillé avec un tout petit peu de vent, des trucs à faire, course, Bata, écriture, envie d’écrire très lentement en buvant du rouge et en faisant la sieste. Premier jour de repos depuis avant Aurillac.

Mardi 24 Novembre 19h17 Bata. Passé au feux de questions de Dominique et Anne sur le projet, il trouve que je vais trop vite, loupe des étapes, il a raison. Ne pas connaître le but, laisser faire la recherche, important. Ce matin, physique avec Surraya, feldenkreis, super bien, je me suis senti tout tordu. Musique avec Raphael, plus parlé que joué, dommage. Ce soir apéro chez Elodie, cool. Demain, avancer pour deuxième présentation devant Michel Et Marrick. Plus avancer textes Jean Georges et Avignon. Voilà voilà.

Mercredi 25 Novembre 15h00 Bata. Difficile d’avancer cette après midi. RDV à 16h15 avec Michel Crespin et Marrick pour 2ème entretien Sur projet, avancé dessus ce matin, tout à réimprimer pour eux, essaye de bosser les autres textes mais en surchauffe un peu. Et les photos de Johann. Difficulté à se reconcentrer efficacement. Alors je passe d’un dossier à l’autre.

Jeudi 26 Novembre Bata 14h31 Mangé au soleil avec Elsa et Nadège. Ce matin, entretien de la caravane (vaisselle) et de moi (douche). Discussion informelle avec Dominique, impression qu’il veut m’emmener à des endroits ou je n’ai pas envie d’aller (spectacularisation, utilisation concrete des lieux de la rue…), même impression par rapport à Dominique, jeux de clown, ressorts burlesque, barrières, Panier de la bourse, ruptures de jeux…. Impression qu’il faut tenir la poésie, la force de l’imagination, de l’évocation poétique, contre l’idéal d’un spectacle qui toucherait à tous les questionnements actuels de la rue. Garder le côté punk de ne faire que ce que je veux, sans me préoccuper des demandes « institutionnelles ». Faire le paris que des nouveaux moyens peuvent naitre. Tout en apprenant les codes, les discours, en sachant les utiliser, ne pas en être dupe. 18h12, lu un beau texte de Laurent sur le fondamental à Aurillac. Il a un bel esprit de synthèse que je n’ai pas…

1 Message

  • Novembre 09 Le 27 novembre 2009 à 10:01, par Laurent Driss

    mais détrompez-vous très cher, s’il est vrai que ce n’est pas le même registre que Deleuze, il n’en demeure pas moins intéressant, du moins pour ceux qui ont vécu cette expérience aurillacoise
    bien à toi, camarade

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