Lundi 14 avril :
Je monte dans le bus, avec l’idée de vadrouiller dans le quartier.
Un peu pommée, pas très sûre de moi,
pas vraiment convaincue d’y trouver
ce que je ne savais pas vraiment quoi y chercher.
Direction, donc "la Savine". Ligne 30
C’est pas vraiment un hasard :
La semaine d’avant, j’étais passée à la DGUH (Direction Générale de l’Urbanisme et de l’Habitat), on m’a dit que la cité de la Savine était dans le PNRU (Programme National de Renouvellement Urbain) de l’ANRU (Agence Nationale de Renouvellement Urbain).
Trois tours doivent "sautées" entre 2007 et 2011.
C’est une large fourchette.
Il faut déloger puis reloger les habitants des HLM condamnés dans des logements définitifs ou le temps de..., dans des habitats dits "tiroirs".
Ils m’ont assurés que TOUTES les personnes seront relogées, mais...
Donc Ligne 30...
Et là, LA rencontre inespérée, Christine Breton. Alléluia !!
Christine est chercheur et conservatrice pour le patrimoine.
On l’avait déjà rencontrée avec la FAI AR sur une visite-exploration du quartier des Aygalades, la première semaine où nous sommes arrivés. En octobre dernier.
Christine travaille actuellement sur une deuxième escapade urbaine pour la journée du patrimoine. Première promenade le 15 septembre 2007 en ligneici
L’idée : Redécouvrir notre quartier, comprendre sa topographie, son métabolisme, ses transformations urbaines...
Ce qu’il faut savoir, c’est que les Aygalades sont aujourd’hui un quartier composé de série d’entités, de "cités", d’unités-enclaves souvent refermées sur elles-mêmes.
Parce qu’il faut dire aussi que les voies de communication sont particulièrement un frein à la mobilité des habitants.
"Pas facile d’accès".
Le quartier est coupé, entre-coupé, re-coupé de frontières physiques.
Il y a le ruisseau, les lignes de chemin de fer, les dénivellés du vallon des Carmes, et surtout le quartier a été meurtri par l’urbanisme radical de l’autoroute !!!! (dont la construction a débutée en 1940)

- Repartitions, accès et frontières
Au début du siècle, il y avait 3 châteaux ici, dont, le château du Roi René, propriété de la famille Falque, en lien direct par un passage sous terrain aux huileries "L’Abeille"
devenues aujourd’hui La Cité des Arts de la Rue.
Ces 3 châteaux ont été entièrement rasés, le quartier noble s’ industrialise, une nouvelle population apparait, nouvelle identité...il ne reste aujourd’hui que les écuries du Château, perdue entre les HLM et le vieux village...
En plein essor économique, parce qu’industrialisées, les Aygalades sont aujourd’hui en suspens, en apnée...
Et les démarches du CIQ, l’Association des Amis des Aygalades, L’Olivier Bleu (Centre social sportif et culturel), les habitants, le festival Petit Art Petit de Lézarap’Art, les expéditions découvertes de Christine Breton, tout cela contribue à redynamiser le quartier, et il faut péréniser ces actions !
Bref, les Aygalades sont marquées de strates géo-socio-historiques, et Christine s’intéresse à ces histoires qui constituent la mémoire du quartier, l’identité de ses habitants.
Christine m’embarque, donc, avec elle, à la découverte du patrimoine.
1ère rencontre avec 4 femmes de l’Epide, Centre de la 2ième chance,
version le Ministère de la Défense.
3 nenettes, de 17 à 19 ans, Simone, Mélissa et Marjolaine
et Fabienne, une enseignante qui bosse avec elles sur le patrimoine de leur espace.
Leur site est totalement HALUUCINANT !!!
Une ancienne base, en grande partie à l’abandon en ce moment, mais
très prochainement en renouvellement urbain pour un centre plus grand, plus adéquat à leurs besoins.
Elles seront les passeurs de leur "cité" lors de la journée du Patrimoine.
L’après midi, je rencontre Gérard Marletti, président du CIQ (Comité d’Intérêts du Quartier) des Aygalades.
Avec Christine et Gérard, on se rend à St Julien les Martiques pour rencontrer une ancienne habitante du quartier.
Madame Cazullo (ce n’est pas son nom de jeune fille), se trouve être la fille de "l’ex" fermier des Créneaux.
Elle nous raconte la mémoire des lieux, de la ferme, de la construction de l’autouroute, des anecdotes lors de la guerre, ses secrets de territoire.
Cette après midi là, j’ai perdu la notion du temps et de l’espace.
Dire que je ne connais que les 4 barres HLM, jamais j’aurais pu imaginé, que sous les fondations de ces tours, il y avait avant une ferme, des poules, des cochons, des vaches...
Les Créneaux m’ont toujours interloqués,
cette cité est aussi dans le PNRU.
Une majeure partie des habitants ont déjà été relogés,
"ceux qui ont été les plus rapides" dixit la DGUH.
Il demeure aujourd’hui 55 foyers restants et les 4 tours doivent "sautées" d’ici la fin de l’année.
En septembre, normalement, elles ne seront plus là mais, on ne peut pas vraiment prévoir.
De toutes façons, même si elles ne sont plus là,
je pense qu’il serait tout de même important de passer par les Créneaux le 20 septembre prochain.
C’est l’histoire de...
C’est important de se souvenir !!
Voilà, aujourd’hui, 4 semaines après le 14 avril,
je continue à découvrir, un peu tous les jours mon quartier.
En tant qu’habitante de la Cité des Arts de la Rue,
même si ce n’est que pour un temps,
je me sens ultra concernée par notre environnement urbain, ici dans les quartiers Nord de Marseille.
Parce qu’il faut contruire avec nos voisins, mieux cerner l’identité du territoire, pour s’y inscrire avec justesse.
Le 17 avril,
On découvre un passage secret avec Loïc et Marine de L’APCAR, et Fanny de la cie Anomalie. Un tunnel/conduits sous l’autoroute. Expédition "Indiana Jones" selon Fanny... Ca ressemble effectivement à ça !!
Le 18, petite matinée avec Christine et les filles de l’Eupide aux Archives Municipales.
Mardi 6 Mai à 18h, réunion du CIQ
et quelques dates à venir...
Le 17, une grosse expo sur l’histoire des Aygalades, avec aussi, la première configuration de l’ex et future fête de Gutenberg. Boueb cogite là dessus actuellement, je crois...
Le 22, les filles de l’Epide présentent leurs recherches historiques du Centre Deuxième chance, avec peut-être, (il faut que je me bouge le c...) quelques uns de mes croquis.
Le 1 juin, ya les jardins des Accates qui ouvrent leurs portes,
bref, encore une série de dates importantes dans mon calendrier de quartier...
et le 20 septembre, surtout !!
Une journée fatidique aux Aygalades, puisque cette année, la journée du Patrimoine tombe le même jour que le festival Petit Art Petit !!









































