Audincourt ;
Jacques Livchine, Hervée Delafond, Nadia Genez.
"Rentrer dans un personnage". Qui ? Quoi ? Ou ?
Voilà, comment ça commence.
Un cocktail gingembré de bienvenue, l’enseigne de l’Unité ressemble à une enseigne de pizzeria.
J’attends un grésillement de néon, ce gressillement qui m’aurait confirmé que…
J’ai comme un recul
un recul excessif,
j’ai l’impression de débarquer dans un film,
avec notre jolie colonie de vacances.
Là d’un coup, l’esthetique environnante est vraiment loin de moi.
Ici, il pleut, ici c’est très humide, ici je boite
Ici c’est comme si on était fin octobre à Marseille.
Nous sommes en "ptite Sibérie".
J’apprehende depuis le début ce fondamental.
Rien à voir avec les critiques acides d’Hervée et de Jacques,
c’est juste que jsuis pas très branchée "jeu".
J’ai déjà bien trop souvent du mal à canaliser mon propre personnage.
Sur le coup, je me retrouve bien lorsque Jacques dit
"Je ne suis jamais d’accord avec moi-même".
Les 2 premiers jours,
j’étais une espèce de pétasse que j’arrivais pas à assumer,
En plus, jme suis grillée avec elle.
Je n’en veut plus, elle est tout ce qui me dégoute de moi, je veux la tuer,
elle doit disparaitre.
Après, les fripes.
J’aime cette contrainte de trouver un costume à la fripe.
Tout de suite, on a basculé sur quelque chose de très réaliste.
Plus vrai, moins extravagant,
la limite avec le réel était plus sensible.
Elle,
Chantal Marin, agent immobilier,
super la classe, bourgeoise,
stable, solide,
sur d’elle, en place
m’impressionne,
Elle,
Chantal Marin,
pratique la speculation immobilière.
Elle,
n’a qu’une idée en tête,
racheter les maisons individuelles, dans le cadre du PNRU
pour y construire du logement social,
Audincourt n’ayant pas son quotat de 20%.
(je suis obsessionnée)
Elle,
vit dans une maison résidentielle avec jardin.
Sur sa porte d’entrée, elle a installé une pancarte où il est écrit "Bienvenu"
Elle,
a un mari, un chien, pas d’enfants,
ça lui prendrait trop de temps,
d’investissement personnel.
de toutes façons,
elle,
est trop préoccupée par son boulot.
Elle,
Chantal Marin est un fantasme de femme.
Julie l’apèle Josselyne,
ma mère s’appèle Josselyne.
Soudain, j’ai pris peur.
Lucide ??
Oui,
j’avoue,
ce fondamental me fait cogiter.
Qu’est ce qu’on donne vraiment à voir de nous ?
Il suffirait juste un port de tête et une démarche élégante,
Pour gagner en prestance.
Je vais m’y atteler.
J’arrête de dire que je suis une merde.




Parce qu’il fallait faire un compte rendu









