Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
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Joël, entraineur

mardi 2 septembre 2008, par Jérémie Steil.

Même si c’est dur d’être un looser, je commence à bien l’aimer, ce Joël. Personnage attachant mais perdant… À Audincourt, il s’est fondu dans la masse… C’est d’ailleurs là-bas que j’ai ressenti le plus de rejet, tandis qu’au théâtre de Bussang (où Joël venait voir sa soeur, comédienne amatrice qui jouait dans la pièce), les gens avaient plus de pitié, apparemment… Petit récit de Joël au cours d’une matinée…

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Joël

"Je suis Joël, 30 ans, j’suis arrivé y’a pas longtemps sur Audincourt pour m’occuper de la section football des minimes et cadets. Avant, j’étais à Metz, je suis arrivé à Audincourt depuis qu’ils ont monté une section féminine à La Valentine, pas très loin du centre scolaire Fernand Léger.

En ce moment j’habite chez ma tante qui a un appartement avec une chambre de libre, mais bientôt, je chercherai une petite maison, pour pouvoir y installer ma télé et un atelier pour les mobylettes. Et puis, ma tante, elle regarde la messe le dimanche matin à la télé alors que moi, je voudrais voir Télé-foot. Le premier travail que m’a confié l’entraîneur général, c’est de recruter les 5 filles qui manquent encore pour compléter l’équipe des minimes. « Démerde toi comme tu veux, qui m’a dit, tu fais la sortie des écoles si tu veux mais tu me ramènes 5 filles qui seront capables de courir après un ballon et de marquer des buts. »

Alors j’suis parti dans Audincourt, en cherchant des filles entre 8 et 12 ans. Au jardin d’enfants, les filles était trop jeunes et les mamans voulaient plutôt inscrire leur garçon de 7 ans. Pour cela il faut se rendre à La Valentine que j’leur ai dit, à partir de début septembre. Elle parlait une langue que j’connais même pas. Jamais entendu par ici, et puis y’en avait une qui traduisait c’que j’disais. Mais les enfants eux, y parlaient normal.

Ensuite, je suis parti en ville. Les travaux du coin avaient bien avancé depuis vendredi qu’j’étais pas v’nu, j’ai salué Michel, mais sa fille est déjà inscrite à la danse. C’est à l’arrêt de bus que j’suis allé voir parce que y’en avait une qui aurait fait un bon ailier, sa mère était pas vraiment d’accord mais j’leur ai dit où qu’s’était pour les inscriptions. En allant vers l’école, parce que c’était bientôt l’heure de la sortie des classes, j’ai vu André qui prenait son petit verre de rouge à la terrasse du Grillon. J’ai pris un peu d’ses nouvelles et puis d’sa famille, salué ceux qu’étaient au bar mais y’avait pas de filles alors j’suis reparti. Au bistro de l’Hôtel de ville, j’ai rencontré Georges, 85 ans. Il veut plus jouer au foot lui, on court plus aussi vite qu’avant, qui m’a dit.

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Avec Georges

C’est vrai ça, moi j’avais encore du boulot alors j’ai fait une photo et je suis reparti.

Je ne trouvais pas l’école et c’est quand j’ai vu le centre médico-psychologique que je me suis pensé qu’j’allais faire de la réinsertion par le sport. Et le foot c’est le mieux parce qu’y’a l’esprit d’équipe dans l’foot. La première dame était bien gentille mais j’étais pas dans le bon bâtiment, elle m’a dit qu’il fallait aller au centre de pédo-psychiatrie qu’était en face de la poste et que là ils pouvaient être intéressés.

Là-bas, j’savais plus, j’ai hésité entre la gérontologie et la pédopsychiatrie. Dès que je suis sorti de l’ascenseur j’ai vu les deux responsables. La chef de service et l’éducatrice. J’ai pas tout compris de quoi elle causait la chef, mais elle utilisait des mots compliqués, que c’était pas les mêmes réseau, que je pouvais pas rester là, allez voir les commerçants ou le tissus associatif. Je lui ai dit que je faisais pas de couture mais du foot. C’était même pas possible de poser une affiche, je suis parti.

Ca m’énerve ceux qui parlent comme ça, pour faire exprès qu’tu comprends pas. J’ai essayé la maternité mais elle était fermée.

C’était l’heure de l’apéro, retour au Bistrot de l’hôtel de ville. Georges avait fini sa bière et il mangeait un steak-frites, André, a changé de terrasse, il a le même ballon de rouge que tout à l’heure mais plein c’coup-ci.

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Avec Guiral

J’m’assois au comptoir, commande une bière, parle avec le patron. Il est sympa le patron mais comme j’ai pas encore une seule fille alors je continue de chercher. En croisant l’Guillaume, je vois un jeune qui cherche dans sa banane et s’achète un coca à la machine. Je lui demande si y viendrait à l’entraînement mercredi et y m’répond : « moi j’fume du shit, j’fume des gros pèts, je regarde les femmes et j’les baises comme un salaud… ».

Y f’rait mieux de venir au foot mais j’en parle pas au flics qui passent, même si connais bien l’agent Guiral, que je salue, comme d’habitude.

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Joël et Michel
rencontre avec un sosie

Il fait chaud, alors j’retourne me jeter un p’tit demi au PMU, y’a pas mal de footballeurs là-bas. Des footballeurs oui, mais pas une fille, y commencent à me gonfler à la Valentine, c’est parce que je viens juste d’arriver qui m’ont mis sur l’équipe féminine, y savent pas que j’connais Michel Ettori, et que Dominique Rocheteau, il était passé à Metz, pour tâter le ballon avec les cadets. Si y savaient ça y m’auraient sûrement pas mis à ce poste. Mais j’ai même pas eu le temps de leur expliquer. Quand j’suis arrivé au centre sportif, dès qu’y m’ont vu, y m’ont dit de trouver des filles pour l’équipe minimes.

P’t’être que l’an prochain j’aurai les juniors garçons…

Au PMU, y’avait les habitués, que j’ai salués mais y’avait aussi une bourgeoise blonde, mais une belle femme, avec du style. J’l’avais jamais vue celle là… Je me suis dit qu’c’était parce qu’elle discutait avec ce mec qu’elle m’a presque pas regardé. Et puis y’a les policiers municipaux qui sont passés, c’est la première fois que je vois une policière avec une jupe aussi courte. Quand elle a passé la tête par la porte du bar, j’me suis dis qu’c’était bon, qu’on allait tous y passer au contrôle et puis non, de toute façon j’connais l’agent Guiral… Alors y peuvent venir… Quand y sont partis on a discuté et le patron y disait qu’c’étaient pas des vrais, que c’était une caméra cachée ou une connerie comme ça…Les autres flics, j’les avais jamais vu mais le Guiral, c’est un vrai, j’en suis sûr, je l’connais. La serveuse, elle disait qu’la bourgeoise elle avait une perruque, j’avais même pas remarqué.

J’ai encore croisé un footballeur, un 10, qui jouait à Belfort, il a pas voulu faire de photo, on a parlait foot et y m’a montré un mec assis en terrasse qu’était professionnel en Italie. Y finira p’t’être entraîneur comme moi quand y sera retraité… On verra bien si y trouvera des filles pour son équipe, parce que moi et ben, j’en ai pas trouvé une. On verra mercredi prochain, j’irai à l’école et puis je ferai aussi la crèche, parce que, comme dit le Maurice, plus qu’on les prend jeunes, plus qu’on a de chance qu’y’en ai au moins un de bon dans l’lot !"

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Joël 2

Impro/perso dans les rues d’Audincourt, le 26 août 2008

2 Messages de forum

  • Joël, entraineur Le 4 septembre 2008 à 08:04, par Fanchon

    Où se trouve Audincourt ? Dans le Jura ? Ou en Lorraine ?

  • Joël, entraineur Le 13 janvier 2009 à 10:17, par Cathy

    excellent, je vais peut être faire du foot finalement, mais je suis trop vieille pour les minimes, ou alors faut faire une équipe de minimûres
    bises
    Cat

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