Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Impuissance

jeudi 14 janvier 2010, par Mathurin Gasparini.

Texte écrit pour l’atelier d’écriture avec Jean-Georges Tartare. La demande : Sortir ses tripes sur le mode de la harangue.

J’aime chier en fumant une cigarette. J’aime chier en lisant. J’aime chier en lisant, fumant une cigarette et buvant un café. J’aime chier le matin. J’aime chier au reveil, avant de prendre ma douche. J’aime chier pendant le petit déjeuner. J’aime chier aussi à midi après avoir mangé. C’est bien celà se sortir les tripes ? Je déconne. En ce début du XXIème siècle, un mot nous résume tous : l’impuissance, comme une partie de nous-même. Impuissance qui fait accepter toutes les situations, Impuissance qui fait croire à toutes les obligations. Impuissance à gagner les luttes, à mettre en pratique nos rêves. Impuissance à changer la vie, à être plus grand que la vie même. impression de pisser dans un violon. Sensation que quoi que l’on fasse cela ne servira à rien. Impuissance entretenue par le chomage, par l’insécurité, par la peur des virus, par la peur des autres. Sentiment d’impuissance théorisé et recherché par les classes dirigeantes. Impuissance qui a pour nom démocratie quand elle est manipulée par des élites. Impuissance qui fait oublier la notion même de désir, Impuissance et passivité, troupeau d’impuissants incapables de bander. Impuissance face à la mort, quand ma fille est à l’hopital et que je ne sais pas de quoi sera fait demain. Comprendre notre impuissance c’est déjà faire preuve de puissance. On joue avec ses mort. On joue pour ses morts. Et comme cela est trop dur à porter, on se met des masques. Masque de l’intelligence, masque du talent, masque du style, masque de la fragilité, de la solidité, de la sociabilité, de l’alcoolisme, on se met des masques. Pour lutter contre cette impuissance, m’abstraire de mes tripes, de ma merde, de mes boyaux, mettre de côté mes echecs, mes doutes, mes peurs, retrouver le désir attrapé par la queue, je voudrais jouer à changer de nom. Me donner un nom d’artiste, pas pour jouer un role mais pour assumer la forme, utiliser d’autres mots pour me réinventer. Choisir un pseudonyme, c’est disparaitre de l’état civil, devenir plus qu’humain. pure signature. Se créer un masque pour se cacher derrière sans être dupe, l’autobiographie est le masque suprême. Faire de ce sortage de tripes un acte de disparition et de renaissance, un accouchement pour renaitre mille fois, de milles manières différentes. Ce que désire le pouvoir ce sont des sujets qui énoncent eux-même leur identité. Alors trouver un nom qui ne se prononce pas, qui se crée par l’absence de certaines lettres. Effacer ce qui est obligatoire, évider les voyelles, enlever le A, le A de Anarchie évidemment et ne garder que des consonnes. De ce creux entre les lettres faire emerger une évidence, une pure abstraction, une suite de consonnes en mouvement, un flux de sons, un magma de lettres.. Disparaitre derrière un nom d’usine et devenir initiale absurde. Disparaitre pour dire j’existe. Et croire que cela peut créer d’autres relations.

GASPARINI MATHURIN GASPARI MATHRN GASPA MATHU GASPAMAT GASPMAT GASPMT GSPMT

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