Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Immersion sensorielle

Dans deux lieux de Marseille

mardi 6 juillet 2010, par Mathurin Gasparini.

Expérience proposée par Jean Faucheur, artiste Parisiens des affiches (entre autre), le 06 Juillet 2010.

Notations spontanées in situ.

1) Sous l’autoroute, sortie St Louis.

A l’ombre. Sous un pont, béton, autoroute, voitures qui passent. Faire le vide, se sentir vide. Bruits divers, ronronnement de la semoulerie. Pas d’endroit où poser son cul pour se sentir bien. Marcher en rond ? Beauté de ces 15 corps qui "attendent" dans ce lieu hostile. Ennui déjà, attente que le temps passe. Vide comme lorsque l’on attend quelqu’un. Ne pas faire de description de paysage. Laisser filer les réflexions habituelles. Encore une aventure de la Fai ar. Est-on (les artistes) plus sensible à l’environnement (par exemple), ou alors c’est juste qu’on a les mots pour le dire ? Un espace qui se prêterait à des spectacles. Un lieu qui n’est que voies de communications. Dans lequel il est impossible de communiquer. Passage de tuyaux. Et merde, pensées du PPC…. J’écris quand je ressent, quand j’ai formulé ce que je ressent, quand j’aime cette formulation, quand je la trouve intéressante, ou quand je l’ai digéré ? Et au moment où j’écris, suis-je encore dans le ressenti ? Intellectualisation ou lâcher prise du cerveau ? Penser, c’est se concentrer ou laisser venir ? Envie de pisser. Un camion qui reculait pour accrocher sa remorque m’a surpris au moment où je passais à côté. Frayeur. Ce lieux m’appartenait déjà, j’y passe souvent. Maintenant il m’appartiendra à vie, comme tous les lieux où l’on vit quelque chose. J’aime beaucoup le trait de ciel bleu entre les deux ponts d’autoroute. Étrangement j’accélère le rythme de mon pas au soleil (pour trouver l’ombre) et je ralentis à l’ombre, pour y rester. Passer à pied dans des endroits où l’on ne passe qu’en voiture.

2) La place de l’Estaque devant l’Halambra

Curieux des gens, envie qu’ils ne me remarquent pas, être invisible, faire partie de cette place, et impossibilité liée à l’exercice. Bien-être, grillons. Comment être là simplement, sans en faire trop, juste là, comme depuis toujours. S’allonger sur ces bancs inconfortables (pas assez larges !). Des endroits pour se cacher. Je marche dans la rue, deux femmes me regardent, me disent bonjour, sourire, attendent une réponse de ma part qui ne vient pas, "ah non, ce n’est pas lui". Est-ce parfois moi ?

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