Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Fondamental Maroc

journée au Souk

vendredi 2 décembre 2011, par olivier Villanove.

du sacré au réel, déambulation dans le souk

il est 7h00
le soleil se lève juste sur la forêt de parabole.
Une vache broute les ordures
Nous sommes en route pour le grand souk
Nous garons le minibus devant un revendeur d’arbre
la terre est rouge
nous entrons par la grande porte
une porte, c’est tout ce qu’il reste
On imagine ce qu’il a pu y avoir autours

Je suis avec Louis et Raphaël
nous errons
je sors mon appareil
une femme me demande de la prendre en photo
elle me parle dans un espagnol approximatif
je lui réponds approximativement
nous errons
les étalages s’installent
des longues cordes pendues à des tentes de fortunes portent des jeans qui n’attendent plus personne
nous errons
nous passons devant les baraques en ciment bleues délavées qui n’ont pas encore trouvés leur revendeurs
Ca sent le the à la menthe, le charbon brouillardise l’air d’une odeur de grillade en devenir.
un homme nous arrête
il me regarde et me dit qu’il est agent de sécurité
je n’ai pas droit de prendre de photos
bon !
je n’ai rien à dire
je m’exécute !
je range le précieux
nous errons
la lumière transperce les tentes de faisceaux latéraux
quelques hommes sont posés à des tables et attendent le début des activités
une chèvre passe devant nous posé sur les épaules d’un homme _trois chèvres dans une brouette poussée vers une autre brouette de trois chèvres nous barrent le chemin
nous suivons
une vache aux pieds avant attachés se fait malmené par 3 ou 4 hommes vers un bâtiment à étage que l’on aperçoit devant nous
le seul bâtiment
nous suivons
nous sommes devant une grande cour attenante au bâtiment
à l’intérieur
ça bouge, ça s’excite, ça vit, ça meurt
les chèvres sont déposés à l’entrée de l’une des portes du bâtiment allongées au sol, les pattes nouées pour ne plus bouger, un homme à la longue barbe blanche posée sur sa djellaba les alignent dans le même sens
il sort son long couteau, d’un geste précis et net tranche le cou de la bête, puis d’une seconde, une troisième tout en marmonnant ce que l’on imagine une prière.
Il essuie le rouge de sa lame d’un revers de main
Le sang rouge coule sur la terre
soubresaut de corps
la bête chie, urine pendant qu’une nouvelle charrette dépose les suivante.
Dans le bâtiment derrière,
les bêtes sont pendues aux crochets, les pattes sectionnées, on leur souffle dedans, la fourrure se gonfle pour mieux être dépecée.
A côté, devant l’autre porte, une vache impassible attend son tour.
Autours d’elle, les carcasses pendues se font dépecées. Un homme chargé de viscère chaude sort par la cour, un autre avec les poumons, un jeune derrière moi me sourit, les bras croisés sur un couteau au repos
il me dit quelques mots en arabe
je ne comprends pas mais sourit
je ne suis pas vraiment à l’aise ici
l’odeur me monte au nez
nous sortons
remontons le courant des vaches et des chèvres résignées
prenons le chemin à droite,
traversée d’un bout de parking
nous entrons dans un immense parc à bestiaux
des chèvres, des vaches,taureaux, veaux, des moutons, des chevaux, des ânes, un homme nous interpelle
il parle bien français
sa présence est franche et généreuse
"Bonjour ! Bienvenue ! ici rien n’a bougé depuis le 15ème siècle
d’ou venez vous ?
Marseille
Ah Marseille, j’ai fait mes études à la Ciotat !"
nous sommes happés à l’intérieur
observation
les animaux se vendent… à des bouchers, d’autres revendeurs, des paysans, les transactions sont vivantes, animés, les mains se claquent, les billets en liasse circulent, des sourires, des cris, un homme essaye l’âne en lui montant dessus et vérifie sa bonne marche à coup de basson, un autre homme veut nous vendre son mouton, le ciseau à la main, il le préparerait presque à un concours de beauté pris dans un labyrinthe de bête, nous remontons jusqu’aux odeur de brochettes !
Avant de se poser, passage chez le barbier,
On s’installe secteur des chèvres, une aux pieds nouées crie comme un enfant Un the à la menthe, une galette de kiri
on se remet de nos émotions
moment de repos, partage d’intimité avant de reprendre le chemin du sacré au profane, de cette observation du quotidien…

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