
"Participez à une randonnée poétique et engagez-vous pour sauver la mémoire d’un arbre..."
L’annonce était lancée, celui qui voulait participer à cette après-midi dans les montagnes d’Aurillac était le bienvenu.
Cet après midi était pour moi un test grandeur nature de nombreuses choses que je voulais expérimenter, en public, afin de me rendre compte de la faisabilité de mes idées concernant mon projet personnel de création. Il est vrai que le public était choisi puisque c’était une expérimentation "privée" mais personne ne savait à quoi s’attendre précisément. En résumé, un guide professionnel de la montagne - Olivier Maxch, voir son blog professionnel sur : http://tistou.over-blog.fr/ - prenait en charge le groupe et l’emmenait à une trentaine de kilomètres d’Aurillac. Lieu de départ de la randonnée au Col du Perthus (Altitude : 1309 m.)
À ce moment, tout le monde s’équipe et suit Olivier à travers bois puis sur la neige pas encore fondue, à l’écoute de contes régionaux, découverte d’un buron en ruine, récits de l’époque 1900...
Après une ballade de deux heures en ayant assisté au coucher du soleil, le groupe arrive en haut d’un petit sommet avec un joli point de vue sur toute la chaîne des puys du Cantal dont le Puy Marie, le Griou... Gilles Machat (de la Cie Sappas’) accueille tout le monde avec une soupe bien chaude autour d’un feu de bois.
À une cinquantaine de mètres, légèrement en contre-bas se trouve une clairière avec en son centre un cercle d’arbres. Soudain, un déclenchement de bengales rouges attire l’attention sur ce cercle d’arbres, à l’intérieur, sont accrochées des lettres, les mêmes que celles que l’on envoyait du front pendant la guerre 1914-1918. Chaque lettre est destinée à une personne du groupe en particulier.
À ce même moment, on voit, suspendu à deux arbres centraux, un être, "un hêtre-vivant", qui commence par dire un poème ("Mon désir", d’Appolinaire) puis raconte l’histoire de 9 soldats, morts dans ce cercle pendant la guerre. Ce personnage est la réincarnation des poilus, il a une "transe-mission" à accomplir, celle de distribuer ces lettres afin que la mémoire des soldats ne s’éteigne pas. Par un petit jeu magique, la distribution des lettres s’effectue. Chacun attrape sa lettre, la lit, et retourne près du feu.
L’émotion, la contemplation et le recueillement étaient là, mais avec beaucoup de simplicité.
Bien sur, ce n’était qu’un test, avec très peu de préparation et maintenant je sais qu’il y a beaucoup de points à améliorer, à changer ou enlever car ce n’était pas parfait, mais les retours que j’ai eus m’aident à envisager une évolution à ce projet. Je cherche encore, je vais continuer d’expérimenter et la prochaine sera différente tant sur le fond que sur la forme. À suivre...
Sincères remerciements à la Faiar qui nous permet d’éprouver ce genre de projets.






























