Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Des lumières à Lyon

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dimanche 19 décembre 2010, par Mathurin Gasparini.

Pas intéressé par le sujet de la lumière, par cette ville de Lyon, par cette fête de la lumière que j’ai pratiqué déjà tant de fois. Emmerdé par ce projet de création collective à trente, avec tant de personnalités, de méthodes et d’envies différentes. Pas envie de me casser le cul pour épater la galerie, de jouer au singe savant. Fatigué aussi de faire des projets en trois semaines. Besoins de plus de temps pour creuser mes projets. Pas envie de faire de nouveaux projets. C’est peu dire que j’y allait à reculons….

Et puis, à force de réunions chiantes, une scénographie qui emmerge, pas fascinante, une trentaine de ballons de un mètre de diamètre accrochés à des sangles tendues entre les deux façades de la place, mais une petite occasion de faire travailler mes compétences de mise en œuvre technique. Mes logiques de gars de bâtiments, dont je ne me sers pas souvent, trouvaient une manière de se dépoussiérer qui en tout cas m’occupait l’esprit sans me prendre trop la tête. J’allais pouvoir survivre au temps qu’il nous restait à passer à Lyon. Même si je me sentais engourdi et me demandais vaguement ce que nous allions bien pouvoir faire d’ici là.

Quand Laurent Fachard à mis un grand coup dans la petite fourmilière de nos engourdissements, demandant un work in progress constant, de ne pas nous reposer sur les quelques trucs rapidement définis. Et suite à ça j’ai pu mettre la machine en branle, trouver quoi dire dans cette fête des lumières, comment réunir toutes nos envies dans ce cadre de quatre jours de spectacles.

J’ai fait une proposition dramaturgique qui avait le mérite de nous sortir le cul des ronces et de nous donner de la matière à malaxer et des raisons de faire chaque choses. Je ne suis pas mécontent de moi sur ce coup tiens. Comme disait l’autre, pour la modestie je suis le meilleur…

Et donc on s’est lancé sur ce bordel, à trente, avec quelques doutes, quelques angoisses, mais finalement, toutes les places ont été occupés, beaucoup a été fait et chacun a donné ce qu’il a pu pour que cela marche. C’était ambitieux, casse gueule, bien trop gros pour nous, ou alors juste taillé à la bonne taille pour qu’on ai à le faire, et on a réussi tous les trente à tenir ce truc un peu dingue.

Je suis bien fier de nous quoi.

Bon alors ce truc, quatre jours, quatre spectacles différents avec modifications de lumière, de scéno, de jeux d’acteurs, pendant huit heures chaque soirs, et avec des équipes de comédiens qui se relaient sur le plateau de manière régulière.
- premier soir, le 08 Décembre, fête religieuse, mystique, 400 bougies allumées dans l’espace, un rythme très lent, des bruits de pas dans des cloitres, des chants religieux, des masques de pestes et des ruptures pétaradantes et enfumées.
- Le deuxième soir, le fantôme d’une fête foraine se faisait envahir par une rave party stroboscopisée.
- Le troisième soir, dans une ambiance de galerie commerciale, des vendeurs psychopathes vendaient Perle de Nacre, pour tout dans la maison.
- Et enfin le dernier jour, meeting politique, après avoir fêté son élection, le président Baudruche imposait sa dictature et ses soldats faisaient évacuer le public.

Quatre soirs, quatre ambiances, pas toutes aussi réussies, mais aussi quatre lecture de ce qu’est la fête de la lumière, par les seules ayant la possibilités de le faire, des étudiants, qui n’ont pas de comptes à rendre ni de contrat de vente avec la mairie.

On a parfois perdu le public dans nos délires, habitué par le reste de cette fête à consommer du beau, nous jouions à faire le contraire, à faire de l’anti-spectacle. Leur mettre le nez dans la merde.

Nous avons été impertinent, subversif, critiques et en finesse s’il vous plait.

Je suis pas peu fier c’est vrai.

En plus notre petite organisation quasiment spartiate a très bien fonctionné et on a rigolé…

Je dirais donc objectifs atteints et très très bien atteints.

Et on a même réussi à trouver une complicité à laquelle je ne m’attendais pas forcément avec toutes les personnes de l’Ensatt et ça c’était très bien aussi.

Hé hé, ils ne sont pas toujours aussi enthousiastes mes bilans hein ?

Si un peu quand même, mais là on partait de très loin et j’ai simultanément passé un peu de temps à déprimer dans des gouffres que je n’avait pas connu depuis plusieurs années alors tout ça fait encore plus plaisir.

Pour finir, j’ai même croisé quelqu’un qui lit mes textes sur ce blog depuis plus d’un an et ça, ça fait plaisir aussi. Bon, c’est une copine à Mael et elle veut faire la Fai ar, il n’y a pas de hasard…

Allez, des bises à tous.

P.-S.

Je me rend compte que j’écris de plus en plus mal….Et que cela m’importe de moins en moins…

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