Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Chroniques de spectacle.

Ce week end j’ai vu plein de spectacle.

dimanche 9 mai 2010, par Mathurin Gasparini.

Samedi à Noisy le sec, un festival organisé par Opposito, la rhinofanfaryngite, des potes, de mieux en mieux, beaucoup d’enfants qui les envahissaient. Ils sont allé s’esquicher dans un lieux un peu fermé, c’était l’heure que j’aille voir Délice Dada, si je changeais d’avis par rapport à Rush. Non, je suis parti au bout de trois quart d’heure. La musique est bien mais les comédiens sont sous-utilisés. Puis La Patriotico Interessante, meilleur spectacle depuis un moment comme dis ma petite camarade de classe Elsa Vanzande, qui m’avais rejoint depuis peu. Une troupe de chilien, jeunes et sacrément unis. J’ai entendu comme critique : "ça fait Générik vapeur", "c’est démodé comme esthétique", mais putain, je trouve pas, il manque un peu de moyen et mériterait du plus gros volumes, mais putain d’énergie ! Du sens, de l’écoute, un spectacle avec de l’écrit dedans, et de la rage. Rhoooo ça fait du bien.

Ensuite, Burattini, que je croyais qu’il faisait partie des gens maudits que je ne verrai jamais en spectacle pour des suites de raisons toutes plus idiotes les unes que les autre. C’est un entre-sort avec places limitées et ticket à retirer, ça, j’ai jamais pu… Finalement, ils ont accepté tout le monde, on était pas trop nombreux et il pleuvait. Harangue classe, avec des touches de politiques actuelles, bien fait, la mère qui parasite le discours, les codes forains, puis la dernière minute, un discours sur l’accueil des sans papiers, simple, direct, impliqué, qui m’a putain de fait mouche. J’en avait les larmes aux yeux tiens… Et Amoros, La page blanche, dont Michel Crespin nous avait parlé, avec des gens qui peignent leurs carré de deux mètres sur deux et font des figures ensemble. Ils doivent avoir un site internet si je suis pas clair. Les liens hypertextes moi, j’ai pas trop compris encore. Ils peignent, dansent et chantent en même temps. Ils parlent aussi. Dommage que les textes soient terriblement consensuels et plats. C’est difficile de parler de l’art brut quand on est autant financés depuis aussi longtemps, et que le spectacle est aussi écrit.

Et aujourd’hui, tadaaa, j’ai vu le Théâtre de soleil, grâce à Elsa, qu’elle a une sœur qui bosse dedans. Peut être que j’étais trop content à l’avance, vu et lu trop de bonnes critiques. Bon, je me suis pas tant ennuyé pendant ces quatre heures, je n’ai même pas eu si mal au cul que ça, je suis même content de l’avoir vu, mais enfin, un peu déçu quand même. Le quatrième mur, je crois que je peux pas. Cela aurait été un tel évènement que quelque chose sorte, même un regard, il n’y avait que les deux poursuiteuses, sur leurs estrades, à être un peu dans le public. Les décors, les machineries, la Cartoucherie, c’est beau, les effets théâtraux j’ai l’impression de les voir depuis vingt ans dans plein de compagnie de rue. Sur une scène, bon, ça épate le bourgeois, la pluie de plume de Pierrot Bidon avait une autre gueule si je peux me permettre. Ou Royal de Luxe, pour citer au plus pressé. Le problème est sur le sens, ou l’écriture. Pas tant les scènes "inutiles", pourquoi pas, que ce propos sur l’utopie. Il y a l’utopie de la vie en terre de feu, vite traitée, ramenée aux droits de la femme, à la dictature, au gout pour l’or, aux slogans républicains, dans la scène la plus statique du spectacle. Et puis il y a l’autre utopie, celle de réaliser le film, qui reste non dite en général, mais ou l’on voit pas mal de regard critique, sur la manière diriger une équipe, de pousser un comédien, de gérer les crises, mais comme en creux, dans le contre exemple humoristique, puis il y a des coucheries entre les comédiens, le local qui prend feux, le bar en dessous qui fait du bruit, tout cela est plus burlesque que réflexif. Le pire moment étant après l’assassinat de Jaurès, la troupe se demande si elle doit continuer son film ou pas, la décision est prise au vote à main levée, oui. Cela sonne quelque peu comme un règlement de compte de la crise de 2003. Ariane Mnouchkine était des seuls à dire de jouer. Pourquoi pas après tout, mais qu’elle le mette en discussion dans sa pièce, c’est ce genre de questions qui seraient intéressantes. Pour finir, après la scène de tempête, qui est magnifique, cette histoire du phare qu’ils cherchent à construire, puis cette phrase, la dernière du spectacle, qui reste affichée un certain temps, de mémoire : "Pour guider les aveugles, nous voulons être un phare", bien mieux écrite que cela, c’est quand même Héléne Cixous qui a écrit le spectacle et elle est loin d’être la dernière des manches…Mais qu’est-ce qu’un phare ? Un endroit qui a les pieds dans la merde et dont il faut s’éloigner…Triste peut-être de finir sur cette image. Bon voilà, je vais pas me faire que des copains/copines, mais je trouve intéressant qu’il y ait une place pour la critique sur ce blog.

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