Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Bilan semaine 2 de travail sur mon projet : Re-Volt

à La Parole Errante, Montreuil

dimanche 26 septembre 2010, par Mathurin Gasparini.

Après une semaine en Aout consacrée au texte et à son écriture, premier travail corporel à nous quatre réunis.

Un travail de corps donc, pour apprendre à nous connaitre, voir leurs réactions par rapport à mes envies. Travail inspiré par tout ce qui nous a été transmis depuis un an à la Fai Ar, mais aussi par des recherches et envies personnelles qui me courent après depuis plus de dix ans.

J’ai choisi la Parole Errante pour m’accueillir, d’abord car je sens mon texte proche de l’écriture de Armand Gatti, mais aussi car il y a de superbes rues piétonnes à proximité immédiate. Le fait que nous ayons des amis là-bas près à nous héberger n’était pas non plus anodin.

Écoute, lignes, géométries dans l’espace, dynamiques, réactions, épuisements des espaces, utilisation des hauteurs, liberté de contact de corps, en les regardant expérimenter je trouvais tout ça assez subversif en fait.

Mes trois comédiens chéris, Gaelle, Emilie et Gilles ont très bien répondus à mes demandes, se sont bien entendus, ont bien compris où je cherchais à aller, super quoi, sensation de créer une équipe !

En plus il faisait beau, on a même pris des coups de soleil à force de travailler dans la rue.

La Parole Errante est un endroit étrange, qui nous accueillait sans avoir l’air d’y toucher, dans une salle noire, en tôle, destinée à devenir un théâtre. Pour l’instant, des ouvriers travaillaient à l’extérieur et une quarantaine de Roms étaient cachés dans la grande salle en dessous.

Sensation étrange que de traverser leur campement de misère et d’ennuis pour aller faire du théâtre dans la pièce au dessus. Odeur de bouffe en boite réchauffée, bruit des conversation, gamines pieds nus, bonjours affectueux mais impuissance totale.

Situation complexe, en adéquation avec mon projet, qui nous a tous les quatre bien fait cogiter….

C’est seulement en raccompagnant une autre compagnie de théâtre qui répétait un spectacle sur Gatti un soir que j’ai fini par me dire qu’il était vital que du théâtre ait lieu pendant que les roms vivaient là.

Sinon, le projet avance, le texte demande à être élagué, les personnages précisés, mais on a déjà l’essentiel, une équipe et des envies. Avec la Fai Ar, on pars pour trois semaines de boulot avec Jean-Georges Tartare, je crois que ça va bien m’aider pour mon texte et le moyen de le dire dans la rue.

On a aussi passé une journée dans le Triève, chez Gilles, comédien sur le projet mais aussi accordéoniste et ancien des Barbarins fourchus, on a vu son solo spécial café théâtre, très mimé, avec quelques morceaux d’accordéon, un texte qu’il a écrit, très bien. Il a aussi fait un livre, aux préoccupations étonnement proches de celles de mon spectacle. Il n’y a pas de hasard. Son amie Blandine est costumière, elle accepte de nous faire les costumes.

Les prochains temps de travail devraient se dérouler à Crest, chez Transe Express, cela nous coutera tout de même moins cher…

J’adorerai retravailler à La Parole Errante mais je vais essayer de leur demander une coproduction pour la suite du travail.

J’ai monté mon association, TONNE, et mon copain Yannis (Tarmakada) va me faire logos, charte graphique, etc…

Tout est bien, tout avance, je suis très content.

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