Carnets de bord des apprentis de la FAIAR
La FAI AR est le premier centre de formation européen dédié à la création artistique en espace public, implanté à la Cité des Arts de la Rue à Marseille

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Belsunce et la smala

vendredi 23 avril 2010, par elsa vanzande.

— échelle inconnue

Créée en 1998, Échelle Inconnue est la structure de production des travaux de Stany Cambot, architecte de formation.

Elle réunit de manière permanente une administratrice, Charlotte Sanchez, et un informaticien, Pierre Commenge. Au-delà, des équipes ponctuelles sont constituées selon les besoins des projets.

Ces derniers, qui prennent généralement la forme d’expériences longues, visent à interroger les espaces dans lesquels nous évoluons et leurs modes d’appréhension en s’intéressant aux paroles et pratiques de ceux qui y vivent.

— la smala *

* Pendant la troisième décennie du 19ème siècle, face à l’invasion de l’Algérie par l’armée française, le jeune Emir Abd El Kader parvient à fédérer l’ensemble des tribus algériennes et organise la résistance. Suite à la chute de la ville de Tagdempt, il conçoit une capitale mobile : la Smala. Il dessine le plan idéal de cette cité combattante, se basant sur les dessins, la géométrie et les bases conceptuelles de la pensée soufi. Dans le sable, il dessine et redessine la lutte, la foi et l’univers en forme de ville. Renouant avec les anciennes traditions des tribus et rassemblant plusieurs milliers d’habitants, cette véritable cité de tentes permet de se déplacer en fonction des fluctuations du front.

Échelle Inconnue prend la Smala d’Abd El Kader pour base d’une réflexion sur l’architecture de toile et cherche à interroger ce mode de conception et de construction de la ville, ainsi que sa résonnance aujourd’hui.

Jusqu’à présent, ce travail se concrétise par des résidences et sessions de création dans les différentes villes où Abd El Kader a été emprisonné en France.

À Marseille, la Smala est travaillée et interrogée sous l’angle de la question du schéma exotérique, c’est-à-dire la place de l’intime de la foi, et de toutes ses dimensions, dans la lecture et la pratique de la ville.

— inventaire des traces de l’Islam dans l’espace public à Belsunce

C’est sur les conseils de Till Roeskens (plasticien marseillais) que j’assiste à une présentation du projet Smala, organisée par Échelle Inconnue et la Gare Franche, fin février à Zinc (Friche Belle de Mai).

Je rencontre par la suite Stany Cambot et Julie Bernard (architecte travaillant sur le projet Smala) à la Gare Franche, et leur expose mon envie de réaliser une partie de collaboration volontaire avec eux. Leur prochaine résidence à la Gare France étant prévue du 29 mars au 17 avril, nous convenons de ma présence du 6 au 17 avril.

Étant donné l’ampleur et la complexité du projet, Stany suggère que j’intervienne sur une mission précise, que nous pourrons définir en termes d’objectifs et de contenu, afin que je puisse être dans une expérimentation active et non dans de l’observation passive. Ce principe me convient tout à fait. Il me soumet alors l’idée de réaliser un inventaire des traces de l’Islam dans l’espace public dans le quartier Belsunce, proposition que j’accepte. Pendant deux semaines, je répertorie l’ensemble des signes liés à la religion islamique en vue de réaliser une carte illustrée de photographies.

Mon travail suscite parfois des réactions de méfiance, d’un côté, on brandit l’étendard de la laïcité, de l’autre. Le tout sur fond de reportage gravissime d’Harry Roselmack sur TF1, "Harry chez les fondamentalistes musulmans", qui se dit représentatif de l’Islam à Marseille. Dimension politique et sociale à son maximum. Quel est le sens de l’espace public ? A qui appartient-il ? Y a-t-il des territoires réservés ? Pourquoi, comment ? Quelles sont les interactions entre l’intime et le public ?

Beaucoup de questions, peu de réponses sans pour autant que cela soit gênant, l’essentiel de ce travail ayant été d’être en recherche dans le quartier de Belsunce, son objectif d’être un support de discussion et d’échange pour la poursuite du projet dans sa globalité.

Restitution du projet Smala à Marseille d’Echelle Inconnue à suivre en septembre pour les Journées du Patrimoine avec la Gare Franche.

— synthèse

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