Le travail en collectif est avant tout une posture, éthique, politique (il y a d’ailleurs un article sur le sujet dans le télérama de la semaine), en aucun cas un gage de qualité ni de bonheur durant la période de création.
En tant que posture, cela ne fait que rajouter du sel à la relation, encore faut il savoir à combien on copule et avec qui. Le travail collectif est basé sur la confiance, qui n’est pas quelque chose qui s’invoque ou se demande. Il y faut également beaucoup de rigueur, relationelle, pratique et morale.
Le collectif est également en lui même un passage de baton merdeux puisque le risque est grand que le sale boulot ne soit assumé par personne au final.
Mes experiences de travail et leur rapport au collectif :
Transe Express : un chef qui décide tout, qui est partout et qui suit tout, il place ces musiciens comme des pions, travaille avec des personnalités typées pour chaque rôle. Efficacité, grand spectacle, facilité de se couler dans le moule pour les interprètes mais lassitude et manque d’ouverture. Une phrase de lui, retransmise par un cmédien qui lui faisait une proposition : "je ne prend pas les idées des autres, surtout quand elles sont meilleurs que les miennes".
Les Justins : après le Transe, ça m’a fait le plus grand bien, impression d’avoir ma place, de pouvoir parler, proposer, malgrè la revendication de collectif, il y a toujours eu un leader qui a changé par abandon ou épuisement tous les deux ans environs. Des créations tièdes, souvent prises en charge par personne, et un épuisement général au final.
La Petite Compagnie : montée par une bande de potes zonards, collectif par évidence, mais j’y ai beaucoup impulsé d’energie sans que cela soit toujours reconnu. D’autres aussi. Epuisement également car plus de direction commune à explorer, plus de projet commun. Et difficulté à faire des repetitions tous ensemble.
Avec Fred Dubonnet : écriture à deux, en se disputant sur chaques voyelles, dix ans pour faire 70 pages, à raison d’un soir par semaines, régularité necessaire.
Dans le bâtiment : évidement pas collectif, avec un patron et un client, ce qui est encore pire, impossibilité d’arriver même avec dix minutes de retards plus de trois jours de suite…
Je pourrais rajouter que je suis né dans une vallée communautaire en Ardèche et que mes parents ont fui ça assez vite après s’y être investi totalement.
Bon voilà, je crois que le collectif ça se fait avec un noyau dur, des compétences et responsabilités clairement réparties, et une grande rigueur de savoir fermer sa gueule aussi.
Le faire dans le cadre de la Fai Ar : trop nombreux, pas choisis, tous les mêmes prétentions à diriger, des points de vue fondamentalement antagonistes (et c’est bien) quand ils ne sont pas troubles (c’est moins bien mais notre cas à tous !)….
Mais le terme de baton merdeux est aussi une manière de noter le challenge, la difficulté qu’il y a à tenir ce truc dans les mains sans s’en mettre partout, et je trouve bien que Sud Side nous ai proposé ce pari et qu’on ai joué le jeux et même que ce se soit dans les grandes lignes assez bien passé. En tout cas je préfère en parler comme d’un baton merdeux que comme d’un truc simple, idéal, propre….
Evidement, fondamentalement maintenant je rejette l’idée de travailler en collectif, trouvant la signature en bas plus engageante personnellement que le travaille en collectif.
Ce qui n’empèche que je n’imagine pas travailler seul ou sans l’apport des individus qui travaillent avec moi, ou sans collaborations approfondies, mais sur des projets, dans des cadres et sans obligations. Le collectif n’étant qu’une posture.
Il me semble que l’on est plus efficace quand on ne se pose pas de questions sur sa place ou sa légitimité…
Allez un autre sujet pour finir en beauté, qui est peut-être une réponse à Nadège et sa question sur le blog "c’est quoi, occuper un espace ?", mais peut être pas…Il me semble qu’il y a deux approches par rapport à un espace, une qui serait "qu’est ce qu’on va y trouver et en faire ressortir" et l’autre plutôt "qu’est ce que je vais pouvoir faire dedans". La première suppose une neutralité de l’artiste, une non-subjectivité, une position de chercheur qui fait remonter à la surface. Quoi, pourquoi, avec quels présupposés, de quelle manière, cela dépend de la sensibilité de l’artiste, qui arriverait sans matière prédéfini. L’autre point de vue serait "j’ai un parcours, une expérience, des outils, des compétences à ma disposition, qu’est ce que je vais faire à cet endroit ?" L’artiste qui vient avec son bagage, qui s’adapte au lieux, mais y amène ses points de vues et ses reflexions, ce qui crée une vrai discussion puisque chacun arrive avec ses points de vue et l’un n’est pas en train d’inteviewer l’autre. Il me semble que l’artiste n’a pas à être un miroir, ce qui importe se sont les déformations qu’il apporte, le sens dans lequel elles vont. Et le pire est bien d’être complaisant.
J’ai de plus en plus tendance à tracer une ligne nette entre les propositions qui visent à émanciper et celles qui visent à ce que rien ne bouge, qui pratiquent une normalisation de la vie en société.
Et voilà, xième texte sur ces sujets là dans ce blog, pourtant j’ai l’impression d’avancer, sans convaincre personne, mais ce débat-serpent de mer de cette promotion-revient régulièrement donc j’y replonge aussi….










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